Une de mes relations, très bien informée par les médias de masse, me demande :
— « Où sont gardés les chiens du Parlement ? »
— « Cornebleu, jambedieu, tête de vache, mère UBU ! Une telle ignorance mérite l’introduction du bâton à merdre dans les oreilles. Mais halte là ! Moi, le Roi, je t’envoie Bordure pour tenter de mettre un peu d’éclairage dans ton cerveau béat. »
Jarry n’est pour rien dans ce texte, je précise.
— « Pourquoi tu me parles des chiens du Parlement ? »
— « C’est Pujadas qui l’a murmuré, une grande journée pour les niches parlementaires. »
— « Paf ! Bling ! Gasp ! Schlouk ! J’y crois pas… mais non, andouille, je t’explique. Remarque que ‘andouille’ s’applique aussi bien à une femme qu’à un homme. »
Comment fonctionne l’Assemblée et le Gouvernement
Alors voilà, faut savoir que deux semaines sur quatre sont réservées, par priorité, à l’examen des textes et débats choisis par… le Gouvernement. Oui, celui-là même qu’on adore critiquer.
S’ajoutent les projets de loi de finances, de sécurité sociale, les textes transmis par l’autre assemblée depuis six semaines, les projets relatifs aux états de crise, et toutes les demandes d’autorisation visées à l’article 35. Bref, du sérieux.
L’Assemblée nationale et le Sénat disposent chacun d’une semaine de contrôle pour évaluer l’action du Gouvernement et ses politiques publiques. Et puis chaque semaine, au moins, c’est le grand show des questions au Gouvernement : mardi pour l’Assemblée, mercredi pour le Sénat.
— « Ça va jusqu’ici ? »
— « Bah oui… mais les niches, alors ? »
Les niches parlementaires : la fête des minoritaires
— « J’y viens ! »
Une niche parlementaire, attention : ce n’est pas une niche fiscale pour faire sauter l’impôt, non non… C’est un jour de séance par mois réservé à l’ordre du jour choisi par les groupes d’opposition et minoritaires (Const. 58, art. 48, al. 5).
Aujourd’hui, tous les groupes sont minoritaires. Donc tous ont droit à leur journée. Voilà qui fait plaisir aux amateurs de démocratie… et aux amateurs de jargon parlementaire.
— « Bon, je te donne un exemple très récent : la niche parlementaire du groupe NUPES/LFI, le 27 novembre 2025. »
Propositions de loi et résolutions du jour
Égalité d’accès au service public postal en Outre-mer — tarif postal unique pour tout le monde, de la métropole aux confins du Pacifique.
Rejet de l’accord UE–Mercosur — le gouvernement est invité à dire non à ce traité de libre-échange.
Nationalisation d’Arcelor‑Mittal (actifs en France) — pour sauver la filière sidérurgique nationale et ses emplois.
Défiscalisation des pensions alimentaires — chaque euro reçu pour les enfants ne sera pas imposable.
Gratuité des parkings des hôpitaux publics — parce que se soigner ne devrait pas coûter un rond de plus.
Exonération de la CSG pour les apprentis — le coup de pouce fiscal pour les jeunes travailleurs.
Abrogation de la réforme des retraites (passage à 64 ans) — retour sur l’âge légal imposé par la réforme.
Proposition de résolution pour le respect du droit international à Gaza — une démarche internationale dans l’enceinte nationale.
Abrogation de la loi Duplomb — finalement non retenue par le gouvernement. Cette loi qui nous empoisonne, promulguée par Micron apporte beaucoup de voix et de fric.
Huit projets ont donc été retenus. La droite et l’extrême droite, fidèles à leur réputation, ont tenté obstruction, amendements à n’en plus finir, et autres joyeusetés parlementaires démocratiques et prévues par la constitution. Cette journée est limitée dans le temps, de 9 heures à minuit.
Malgré tout, LFI/NUPES ont réussi à faire adopter :
- Égalité d’accès au service public postal en Outre-mer
- Rejet de l’accord UE–Mercosur
- Nationalisation d’Arcelor‑Mittal
— « Bah, c’est déjà pas mal, non ? »
— « Oui, mais maintenant… ces projets doivent traverser le labyrinthe de la Constitution. Et gageons que la droite de l’hémicycle, et le Sénat, feront tout pour les enterrer… »
LFI/NUPES continuent. Les insoumis restent déterminés à continuer de porter le programme de rupture, l’avenir en commun et représentent plus que jamais la seule alternative à la Micronie, à son assurance-vie Lepéniste, et au monde capitaliste mondialisé, héros des inégalités, hérauts des milliardaires.
D’Ginto