Mort d’un pourri

 

Mort d’un pourri

Le « boucher des Balkans », détenu à La Haye, organisateur-trieur du massacre de Srebrenica, en 1995, sous l’œil acerbe de la FORPRONU, vient de crever. Ce genre de personnage ne meurt pas, il crève. Les bouchers s’élèvent contre cette comparaison : eux exercent un métier convenable.

Un titre osé, je ne sais plus où, annonce : « La mort du général Mladić, une page est tournée. »

Tournée, oui, mais ouvrant une nouvelle page : l’État serbe propose des obsèques nationales avec honneurs militaires et d’État pour le défunt général. Les images de Mladić trônent dans beaucoup de villes serbes.

Cet événement ravive notre mémoire, en tout cas la mienne, participant au deuxième festival de Goražde, organisé par les Bosniaques musulmans et un collectif de Bretons des Côtes-d’Armor.

À cette occasion, j’aurai l’occasion de déconstruire une légende qui consiste à dire que le général Morillon, ex-putschiste en Algérie, boss de la FORPRONU, a tout fait pour protéger la population de Srebrenica, qui sera l’un des épisodes les plus douloureux de ce conflit.

Pipeau. La version d’un homme de Goražde, premier résistant de la ville, est très différente.

Le général Morillon, alerté par la situation dramatique de Srebrenica, s’y rend en mars 1993. Le constat est sans appel, mais le général ne peut pas repartir : il est retenu par les assiégés, les femmes et les enfants : « Protégez-nous ! »

Ce vaillant général, pour faire bonne figure militaire, invente un récit dans lequel il décide de rester sur place pour protéger la ville et les assiégés. Un peu plus tard, il quitte son commandement de la FORPRONU en Bosnie.

On se souvient de cette image où l’on voit, en juillet 1995, Thom Karremans, le commandant du bataillon néerlandais Dutchbat III à Srebrenica, aux côtés de Mladić, distribuant du chocolat aux femmes et aux enfants, pendant que le tri des hommes a commencé, futures victimes des massacres (8 000).

Bref, un massacre où l’on a fermé les yeux, tout en criant au scandale.

Ne croyons pas que les femmes s’en sont bien tirées, Durant la guerre de Bosnie (1992-1995), la municipalité de Foča, située à proximité de Goražde, est devenue le symbole mondial de l’utilisation du viol de masse comme arme de guerre et instrument de nettoyage ethnique. Les forces armées et paramilitaires serbes de Bosnie y ont méthodiquement mis en place des centres de détention et des camps de viols visant spécifiquement les femmes et les jeunes filles musulmanes (bosniaques).

Un détail : pendant que se perpétraient les massacres, Charles Millon et l’amiral Lanxade étaient à bord du Foch pour le 14 juillet, à quelques centaines de kilomètres de Srebrenica.

Arkan crevé, Mladić crevé… mais attention, il en reste une des crevures : Radovan Karadžić, le psychiatre, poète responsable des massacres contre les musulmans. Il purge sa peine de réclusion à perpétuité dans une prison anglaise. « Would you like a cup of tea? »

Monsieur Emir Kusturica, pouvez-vous commenter la décision d’honorer nationalement Mladić ?

Chaque fois que ce genre d’événement remonte à la surface, je ne peux m’empêcher de penser à un tableau qui était aux murs chez mes parents quand j’étais jeune, ce tableau je l’appelais Fatimemmed à la Rose. Son vrai titre, « Mehmed II sentant une rose ». Mon père nous disait qu’en fait ce personnage sentait une rose pour masquer l’odeur des décapitations qui se déroulaient devant lui.

D’Ginto Nick

Las Niñas del Aguaucho

Je n’ai pas réussi a publier dans les temps, mais on s’en fout.

Le 27 aout 1936, les nationalistes espagnols, enlèvent 5 jeunes femmes, républicaines et c’est le début de la honte, de la sauvagerie, la victoire des bien pensants sur les hérétiques républicains.

Ces braves garçons, armés par Franco et par Dieu, transforment ces jeunes femmes en esclaves, les oblige à faire la cuisine, à servir nues. Les nationalistes péroreront en défilant au cri de « nous avons de la viande fraiche« , exhibant les sous-vêtements des jeunes femmes. Les humiliations pleuvent, les viols et pour finir leur assassinat.

Mesdemoiselles, il me reste encore 1h et 14 minutes pour honorer votre mémoire, vos souffrances celles de vos proches, la mienne.  (Ça c’était hier soir.)

María León Becerril, 22 ans; Coral García Lora, 16 ans; María Jesús Caro González, 18 ans; Josefa García Lora , 18 ans; Joaquina Lora Muñoz, 18 ans.

On dit que ce jour là, d’autres jeunes femmes ont subies les outrages de ces hommes, représentants de ce qu’il y a de plus vil dans ce monde, soutenus et épaulés par Dieu, le roi et Franco, les puissants de l’époque, la lâcheté. On veut toujours les comparer à des bêtes, c’est trop facile, non ce sont des hommes.

La plus belle illustration de la veulerie de ces hommes, ce n’est pas en Espagne que je la trouve, mais dans « 1900 » ou Donald Sutherland incarne à la perfection cette état d’hommes, accompagné par Hanna Schygulla

D’Ginto Nick

allo maman bobo

 

D’aucuns s’étonnent de quelques propos que j’ai publiés récemment, mais vous comprendrez mieux quand je vous aurai dit :

La trilogie de ce qui a façonné ma vie :

Aimer, tout et surtout l’autre, celui qui n’est pas de la même couleur que moi, celui qui a une religion, celui qui est bête comme ses pieds, celui qui est bon. Aimer et pardonner, non sans punir.

Apprendre, de l’autre et de moi, de l’animal, de la planète, et admettre l’éphémère, l’obsolescence, quand elles sont naturelles et qu’elles nous sauvent de l’étouffement, de la routine.

Détester, haïr, quel mot pour dénoncer l’incommensurable souffrance qui illustre le genre humain ?

Sur l’échelle de la souffrance arrive en tête, sur l’échelle de maux forts, la souffrance des enfants, que nous, adultes, sommes censés protéger, soutenir, puis celle des femmes, humiliées, marginalisées pendant des décennies et souvent encore, puis la souffrance masculine, puis animale.

N’oublions pas la souffrance de la planète, qui s’exprime de plus en plus violemment.

La souffrance des uns, des autres, des anciens, des contemporains emplit ma tête, hydrocéphale de la souffrance, les larmes toujours prêtes à jaillir. Il faut que j’entrouvre le barrage, de temps en temps.

Je me contente de l’histoire. La souffrance contemporaine, ai-je besoin de la raconter ?

La souffrance n’est pas que physique, la preuve : je vais bien et je n’ai pas mal.

J’ai mal aux sentiments.

J’ai mal aux idées.

D’Ginto Nick

Les grandes manoeuvres, Gérard Philippe

 

Vous aurez vous-même corrigé, ce n’est pas Gérard Philippe, mais Edouard Philippe.

Je n’ai pas le temps de me relire, donc excusez les fautes.

Les instituts de sondages, bien sûr indépendants du pouvoir politique, du pouvoir financier, du Medef, sont à la manœuvre.

Ces instituts qui se plantent d’élections en élections nous font une démonstration irréfutable.

Devant l’horrible danger, danger qui s’accentue, de voir Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour, on s’intéresse essentiellement au deuxième tour et on nous présente le duel Mélenchon-Le Pen comme une victoire écrasante du RN ?

Pas du tout, la tactique est plus fine et, pour faire bonne mesure, on fait appel à la mémoire de Charles Pasqua, un grand homme politique intègre :

« Au premier tour, on choisit, et au second tour, on élimine. »

Phrase bien sûr complètement idiote, vu le déroulement des élections.

La phrase devrait être : « Au premier tour, on indique ses préférences, sans grand espoir pour beaucoup, ou on s’abstient ; au deuxième tour, on élimine, on choisit ou on s’abstient. »

La théorie développée par un chantre des sondages est qu’au deuxième tour les Français ne revoteront pas pour le RN (68 %), mais contre Mélenchon (32 %) ?

Il ne tire pas d’autres conclusions, mais donne en gros à réfléchir : « À quoi sert donc de ne pas voter pour Édouard Philippe au premier tour ? »

Cet après-midi, le Medef déguisé en REF organise avec TF1 un débat entre sept candidats à la présidentielle ou pas. LCI, 16 h 45 (?) Bravo pour le service public, vous savez, ces chaînes elles aussi indépendantes du pouvoir politique, financier et patronal.

Bref, encore une illustration de la mainmise des néofascistes sur les médias.

Mais j’exhorte Mélenchon à se faire le chantre de la Sixième République de L’Avenir en commun et à ne pas suivre le schéma que tentera d’imposer Amélie Carrouër, présentatrice totalement indépendante, comme son mari, directeur de l’info de TF1.

Vas-y, Jean-Luc, bouscule-les, ou plutôt ignore-les. Développe tout ce qui peut rapprocher les Français de la Sixième République issue d’une Assemblée constituante populaire. Laisse-les s’empêtrer dans la destruction du modèle social qui, s’il n’est pas parfait, est unique au monde et perfectible.

D’Ginto Nick

Ma déclaration..on..on

Mesdames,

j’espère qu’aujourd’hui, vous allez fêter dignement la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, votée définitivement le 26 aout 1789 par l’assemblée constituante (encore elle !) et reprise en 1948 de façon moins locale, sous le titre de déclaration universelle des droits de l’homme.

Nous savons, toutes et tous, comme ces deux textes ont été respectés.

D’Ginto Nick

10000 morts

 

10 000 morts

Encore un des jours les plus cons.

Catherine de Médicis s’oppose à la guerre que Charles IX, influencé notamment par Gaspard de Coligny, protestant, envisage contre l’Espagne.

En amont, Catherine de Médicis, qui, nous enseigne-t-on, cherche à maintenir la paix entre catholiques et protestants, organise le 18 août le mariage de sa fille Marguerite de Valois, catho, avec Henri de Navarre, protestant. À l’occasion de ce mariage, de nombreux invités, protestants notamment, sont présents à Paris. Coligny et plus de 200 gentilshommes protestants sont encore dans la capitale.

Le 22 août, un attentat est commis contre Coligny. Il survit, mais l’attentat provoque une grave crise. Et il semble — c’est en tout cas l’une des hypothèses les plus cohérentes — que Catherine de Médicis, craignant que l’enquête promise par Charles IX ne remonte jusqu’à elle et aux Guise, parvienne à convaincre le roi que les protestants vont chercher à se venger.

Charles IX décide alors de faire éliminer les principaux chefs protestants encore présents à Paris. C’est dans la nuit du 23 au 24 août que commencent les massacres de la Saint-Barthélemy.

Si l’élimination des principaux chefs protestants a bien été décidée au plus haut niveau, le « bon peuple », aidé ou encouragé par certaines autorités locales, va ensuite massacrer les protestants, et pas seulement à Paris.

On estime généralement à plusieurs milliers — autour de 10 000 selon certaines estimations — le nombre de morts parmi les protestants dans l’ensemble des massacres de la Saint-Barthélemy et de leurs prolongements.

Le bon pape Grégoire XIII, successeur de l’apôtre Pierre et chef terrestre de l’Église catholique, s’il n’est évidemment pas l’instigateur direct des massacres, se félicite de la nouvelle qu’il considère comme une victoire sur les hérétiques. Il fait frapper une médaille commémorative

et, plus encore : Grégoire XIII fait célébrer un Te Deum à Rome pour ce qu’il considère comme une victoire catholique.

Il fait également réaliser au Vatican, par Vasari et son atelier, des fresques représentant les événements de la Saint-Barthélemy.

Une gouute d’eau dans la longue lignée des exactions perpétrées par ou au nom de la royauté, de l’Église catholique.

D’Ginto Nick

 

 

 

La rubrique à braques

 

 

La Rubrique à braques

C’est reparti, mon kiki !

Dans une lettre aux parlementaires, Sébastien Lecornu appelle à adopter « un budget » pour 2027 sous peine de « désordre ». On va encore se marrer.

Ce soir, j’aime la Marinne (Tondelier)

La patronne des écolos se découvre soudainement une vocation de journaliste : elle nous informe de ce qui se passe à gauche.

« Chez les Socialistes et Place publique, un choix devrait être fait en octobre. »

Les Socialistes (?), la base (?) ou les Fauriens. Place publique, celle du Palais Garnier (?).

Analyse :

Un choix, lequel ? Choix de faire barrage à la gauche qui peut gagner ?

Devrait être fait ? « …mais on s’autorise à penser dans les milieux autorisés qu’un accord secret pourrait être signé prochainement… », avant de rajouter : « Et moi je dis que, quand un journaliste n’en sait pas plus que ça, il devrait être autorisé à fermer sa gueule ! »

Mais enfin, Coluche, Marinne n’est pas journaliste, c’est une politique, pardon, une écologiste !

En octobre : ? Rassurez-vous, cela n’a rien de comparable avec octobre 1917.

Elle embraye avec cet aveu spontané et savoureux :

« Personne ne gagnera seul à gauche, c’est manifeste. »

Avec cette déclaration, va-t-elle continuer bras dessus, bras dessous, à gigoter avec Faure et Glucksmann, ou va-t-elle tout mettre en œuvre pour la victoire de la Sixième République ?

Il ne semble pas que ce soit cette dernière proposition qui soit la bonne. En effet, se déclare-t-elle pour cette Assemblée constituante ?

Non, elle affirme :

« En cas de victoire du RN, elle se dit pour les désobéissances face à un parti qui n’est pas républicain. »

Monarc et ses clones sont-ils républicains ? Lecornu est-il républicain ? Préfère-t-elle une guerre civile à une Assemblée constituante ?!

À cheval, grand-mère, les Indiens attaquent ! Le combat éculé contre l’extrême droite reste son champ de bataille, facile, qui prouve bien qu’on est de gauche, au lieu de faire campagne pour une gauche rassemblée, pour l’occasion, pour ensuite débattre lors de la création d’une nouvelle Constitution.

Une gauche rassemblée ne peut pas perdre.

Édouard Philippe se dévoile et racle les fonds de tiroirs.

Le RN est battu

suspendre pendant tout le quinquennat l’enregistrement des nouvelles demandes d’asile à Mayotte ;

suspendre totalement le droit du sol à Mayotte pendant plusieurs années Instaurer un moratoire sur les voies d’accès à l’immigration, notamment le regroupement familial ;

Créer un centre français de retour en Afrique de l’Est pour faciliter les expulsions des étrangers en situation irrégulière.

Voilà le monsieur qui, comme Monarc, se présente comme le barrage à l’extrême droite.

Bravo Edouard.

Mélenchon

Mélenchon répond à Édouard, avec sa violence habituelle :

« S’il vous plaît, monsieur Philippe, pas vous, ne faites pas ça, ce n’est pas bien. »

Puis il l’exhorte explicitement à « ne pas céder à la démagogie ».

Monsieur Philippe, pas vous !

Mélenchon a-t-il un jour donné crédit à Édouard ?

Monsieur Gotlib, pour illustrer ma Rubrique à braques, je n’ai pas votre talent et je conclus avec :

 

Deux ans, pas dix !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27000 morts

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le monument aux morts de Joyeuse. Pas de soldats, pas de gloire, de la peine, du chagrin.

27000 morts.

Non, ce n’est pas l’excédant de morts dues a la canicule qui annoncé négligemment par les autorités n’est que de 1243 à fin juillet. En juin c’est 5764 morts.

J’ai quand même entendu, « la plupart de ces morts allaient mourir, vu leur age ».

Bercy: « ça fait combien d’économie sur le budget retraite? », « tout dépend du nombre de pensions de reversions ».

27000 morts, c’est le nombre de troufions tués le 22 aout 1944, suite au plan élaboré par un certain général Joffre, lors d’une soirée mondaine.

Au vu de ses excellents états de sévices il sera plus tard nommé Maréchal. Nous sommes gâtés avec nos maréchaux,

Élevé à la dignité de marechal de france en 1918, il est condamné à la peine capitale pour haute trahison, frappé d’indignité nationale,et déchu de toutes ses distinctions militaires et civiles en 1945.  Qui c’est ?

Joffre a eu plus de chance, une grande classique en france, il est nommé maréchal de france, pour l’écarter de  ses fonctions de commandant en chef  pour masquer sa disgrâce et étouffer les critiques politiques nées des échecs de la Somme et de Verdun.

Ces braves poilus, habillés par les stylistes de l’armée, avec leurs pantalons bien voyants, rouges, armés de fusils moyenâgeux se sont fait massacrer par une armée allemande performante (terme employé par les militaires). Le rouge est poétiquement dit garance, il absorbe mieux le sang et est bio, issu d’une teinture végétale.

Une commémoration ?, un devoir de mémoire cher à notre « monarc » ?, que dalle.

On sait la frilosité abjecte perçue dès qu’il s’agit des abus, erreurs ou décisions de  l’armée ou de la police,

« les sentiers de la gloire », « RAS », « avoir vingt ans dans les aures » « un condé », « la belle vie » ; « le petit soldat »……

Je ne suis pas un fan des commémorations, mais je suis d’accord avec Mermet pour proposer le 22 aout jour férié avec un titre un peu différent du sien, lui c’est « le jour le plus con », moi c’est «Un des jours des plus cons ».

Peut-on oublié « le vase de Soisson », « Hisroshima », « Nagasaki », « Dien-bien-phu », les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en mai 1945,  les massacres perpétrés par l’armée Française pendant la conquête de l’algerie, pendant la guerre civile de 54 à 62, peut-on oublier le 17 octobre 1961, peut-on oublié le 8 fevirer 1962 à Charonne, massacre sous la responsabilité d’un grand homme politique français, Maurice Papon  condamné par la cour d’assises de la Gironde à 10 ans de réclusion criminelle et à l’interdiction des droits civiques, civils et de famille pour complicité de crimes contre l’humanité, peut-on oublié le vel d’hiv, peut-on oublier Malik Oussekine. Et j’en oublie, la connerie, la lacheté, le mépris pour l’humanité n’est pas affaire de chiffre, l’échelle Beauxmorts va de 140000 morts hiroshima a 1 mort Malik.

Les mouvements féministes attendent toujours que l’on reconnaisse que le Soldat inconnu était peut être « Une soldate ».

J’ai fait une proposition au conseil municipal de Lablachère lors de mon premier et bref mandat de conseiller municipal, à savoir changer sur notre monument aux morts la phrase « Morts pour la France » en « Morts pour la Finance », pas adopté ?

D’Ginto Nick.

quand avance la canicule, comment veux-tu

que je hulule dit la chouette.

Une petite digression dans ce monde délabré,

Des vagues à l’aube, au vague à l’âme

Au cours d’un petit apéro avec des amies-locataires ou inversement, j’ai raconté à l’une d’elles, Chantal, l’événement exceptionnel que j’avais vécu à Belle-Île, à savoir l’effondrement devant mes yeux d’une des Aiguilles de Port-Coton. En racontant, fier et enthousiaste, j’ai senti un étonnement intérieur, ce petit sentiment que quelque chose déconne.

Rentré chez moi, armé du doute créé par ce petit malaise, je me suis plongé ou replongé dans l’histoire des Aiguilles, pour me rendre compte que j’avais pour vérité un rêve et que, pour m’en débarrasser, il a fallu que je le racontasse.

Cela m’arrive fréquemment et il faut à chaque fois un petit signal d’alarme ou un événement qui me ramène la tête sur terre. Combien de fois ai-je regretté que mes camarades du cours complémentaire de Saint-Gratien ne puissent voler avec moi, nus dans les étoiles.

Ça, ça a duré ses années, tant j’étais content de ce rêve, toujours le même : j’étais nu dans une allée du château de Versailles, de nuit. Je me laissais tomber lentement et, avant de toucher le sol, je décollais. La bite pour quille, j’ai survolé New-York, Paris, Cerisy-Gailly par Sailly-Laurette, Saint-Julien-sur-Bibot. C’est beau, une ville la nuit. Je me suis reflété dans le lac d’Enghien, me suis brûlé les poils pubiens en survolant la Soufrière, affolé les ours polaires avec mon ombre qui courait sur la banquise.

« Debout, Jean-Luc, tu vas encore être en retard ! »

Ce petit événement m’a secoué les souvenirs et Belle-Île m’est revenue en pleine poire. Belle-Île, souvenirs, abandonnée à cause du changement lent et insidieux de ce petit coin de bonheur.

Mes premiers pas d’îlien, c’est en 1953, j’ai neuf ans (?) et aujourd’hui je veux vous raconter une petite histoire à lire le soir à vos petits-enfants.

Qui ne connaît pas les histoires de Pyrame et Thisbé (moi), d’Héloïse et Abélard, d’Orphée et Eurydice (non, Jean-Claude, ils ne sont pas homo, Orphée est un homme), de Lancelot et Guenièvre, de Tristan et Yseut, et enfin de Roméo et Juliette ?

Mais qui connaît l’histoire de Juliette et Léon, du Gua à Sanilhac ?

Vous avez remarqué que, souvent, dans les histoires d’amour tragiques, on cite toujours le mâle en premier et, de peur de me retrouver en face de paires de seins ukrainiens, je cite Juliette en premier.

Merveilleuse Juliette qui nous racontait son succès auprès des hommes parce qu’elle « restait dans son naturel ».

Son compagnon Léon, elle l’avait gardé bébé et elle le gardait encore après avoir fui son mari, à moto, avec le Léon du PC local.

« Mon Léon, aujourd’hui, il a pris un coup de froid. »

Ça, c’était quand il était pété en hiver, et l’été :

« Il avait pris un coup de chaud dans ses vignes. »

Les sorties de Léon restaient dans les annales.

Un jour, sur le marché de Joyeuse, on croise Léon, seul ? 

« Bah, Léon, elle est où Juliette ? »

« Elle est à l’hôpital. »

« Merde, c’est grave ? »

« Je sais pas, elle a une descente d’orgasme. »

Ou encore, appuyé sur son bar, regardant passer une bagnole :

« Ce grand con-là, faites gaffe, il fait partie d’une sexe. »

Mais plus encore, qui connaît l’histoire de Jeanne et Jean, de Belle-Île ?

Asseyez-vous, à minuit, à mi-chemin entre les menhirs Jeanne et Jean, un soir de pleine lune. Surtout, pas un bruit !

Sur le Arza Mendit, quand vous faites le moindre bruit, les Potioks disparaissent ; ici, au lieu-dit Kerlédan, au moindre soupir, les menhirs sont muets.

Il faut vous tenir exactement à mi-chemin entre Jean et Jeanne, c’est-à-dire à 170 mètres de l’une ou de l’autre.

Jeanne et Jean, descendants de Jeanne et Jean de Runélo, disparus en 1830 : travail démarré par les Anglais, encore eux, et terminé par les maçons bien de chez nous pour tailler des pierres pour construire je ne sais plus quelle tour.

Jeanne et Jean, ceux qui sont encore debout, pour combien de temps, qui étaient-ils, qui sont-ils ?

Jeanne était  jeune et jolie bergère qui tomba amoureuse de Jean, fils de barde (il faut croire que les bergères avaient un prénom prédestiné, mais Jeanne, de Sauzon, n’allait pas brouter l’Anglais hors de France), elle préféra son Jean.

Jean tomba lui aussi amoureux, mais c’était le barde à papa et celui-ci, furieux de voir son fils amoureux éperdu d’une gardienne de moutons, convoqua les druides et, en échange de quelques faveurs, ceux-ci, aidés par les sorcières de Borgroix, transformèrent Jeanne et Jean en menhirs.

Une sorcière malicieuse, restée anonyme, sortit son joker et, pour adoucir leur peine, leur permit, les soirs de pleine lune, de rejoindre les humains.

Vivre ainsi, bloqués dans la pierre, incite à la méditation. On s’ennuie, vous comprenez. La masturbation est impossible, sauf mentale, et, le cycle lunaire étant de 28 jours, laissez-moi vous dire que, pendant quelques heures les soirs de pleine lune, l’amour n’était pas platonique.

L’année 1953 fut un calvaire pour eux, deux éclipses de lune, les 29 janvier et 26 juillet, interdisant leurs amours.

Il vous faudra attendre la fin de leurs ébats pour qu’ils vous remarquent et se racontent.

« Tu te souviens, ma Jeanne, quand Cocteau est venu chez Sarah ? »

« Oh oui, mon Jeannot, et Monet, quand il a peint les Aiguilles, et tous les autres, Flaubert qui cause de nous dans son bouquin, Par les champs et par les grèves, et Matisse, et Clairin… »

« Clairin ? »

« Bah oui, Jeannot, le peintre, le pote à Sarah. »

« Ah oui, Jojo. »

« Et pis l’autre, là, qu’a commencé à semer la merde à Belle-Île ? »

« Mitterrand ? »

« Ma préférée de toute cette bande, c’est Arletty, elle te foutait une de ces atmosphères. »

« Atmosphère ? »

« Bah oui, quoi, atmosphère. Depuis, quelle misère, Johnny Depp et Vanessa Paradis, Jean-Luc Delarue… »

« Attention, ma Jeanne, dans 20 minutes, c’est le lever du soleil. »

Là, jeunes gens, il vaut mieux éteindre vos oreilles.

Calmés, juste avant l’aube, on entend Jean qui murmure à Jeanne :

« Mon amoure, J’espère qu’à la prochaine pleine lune, tu te seras décalé par rapport au cycle lunaire, ça pègue et pas le temps de prendre une douc… »

Terminé, les menhirs froids, Callioutus erectus emprisonnent à nouveau les amours infinies de Jeanne et Jean.

Reprenez vos vélos et allez rêver devant les Aiguilles, et si vous en voyez une bouger, arrêtez immédiatement le chouchen et allongez-vous.

Hier, un petit drame, Anouch, écrivaine, autrice, théâtreuse a vu s’envoler ses écrits, ces souvenirs dans l’incendie de son bureau Belle-ilois. Vous me direz ça n‘a rien à voir, c’est vrai et alors ? Je l’embrasse.

D’Ginto Nick.

LE MÉPRIS, LE CHAGRIN ET LA PITIÉ

« Tu les aimes mes institutions » ?

« Tu l’aimes ma constitution » ?

Il faut bien, un jour, que les citoyens admettent que, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les choses ont changé. L’exemple le plus frappant est celui de la condition des femmes : il est à lui seul suffisant pour étayer mon propos.

Les femmes n’ont pas le droit de vote. Elles ont besoin de l’autorisation de leur mari pour ouvrir un compte bancaire ou travailler. Elles n’ont aucun accès légal à la pilule contraceptive ni à l’avortement. Il n’existe pas de divorce par consentement mutuel ni d’autorité parentale conjointe. Une mère ne peut pas transmettre sa nationalité à son enfant. Le viol conjugal n’est reconnu comme un crime qu’en 1990 et la parité pour les mandats électoraux n’est instaurée qu’en 2000.

En somme, mis à part le droit de vote et l’éligibilité, à l’aube de la Ve République, les femmes étaient des citoyennes de seconde zone.

L’exemple est suffisant, mais le changement ne se limite évidemment pas à la condition des femmes. Il peut s’étendre à toutes les sphères de la vie, individuelles comme collectives.

Un autre fait est particulièrement marquant : le déplacement des populations. En 1958, 45 % de la population française est urbaine ; aujourd’hui, c’est environ 80 %.

Qui peut croire un seul instant qu’une Constitution rédigée en 1958, et les lois qui en découlent, ne puissent pas devenir obsolètes lorsque l’on constate les transformations considérables de la société entre 1958 et aujourd’hui ?

J’entends encore la réflexion d’un ami :

« C’est impossible, ce que propose LFI. Il faudra au moins deux mandats pour avoir une nouvelle Constitution. »

Quel mépris pour les artisans de la Constitution de 1958, dont les travaux se sont déroulés, en gros, sur quatre ou cinq mois ! Quel mépris aussi pour nous-mêmes : serions-nous incapables de le faire ?

Voici la chronologie :

  • 3 juin 1958 : la loi constitutionnelle autorise le gouvernement de Charles de Gaulle à préparer une nouvelle Constitution.
  • 12 juin : début effectif des travaux de rédaction.
  • 29 juillet : le projet est présenté au Comité consultatif constitutionnel.
  • 3 septembre : le projet définitif est présenté au Conseil des ministres.
  • 4 septembre : de Gaulle le présente publiquement place de la République.
  • 28 septembre : référendum.
  • 4 octobre 1958 : promulgation de la Constitution.

Les principaux rédacteurs furent notamment Michel Debré, Georges Pompidou, Jean Foyer et Raymond Janot.

Quoi que nous pensions de ces rédacteurs, ils ont fait le boulot en quatre mois.

Ils l’ont fait, certes, mais dans le mépris du peuple, qui n’a pas été véritablement associé au processus et qui votera « oui » à la Constitution sans avoir eu la possibilité matérielle d’en analyser sérieusement le contenu. Le débat est resté largement réservé aux politiques.

On se souvient de François Mitterrand, farouche opposant à cette Constitution, qui finira pourtant par s’y vautrer, dès qu’il sera élu président de la République.

Il est un autre exemple, fameux, qui montre qu’une autre voie est possible, une voie respectueuse du peuple.

C’est l’Assemblée constituante de 1789.

Née de la transformation des États généraux, l’Assemblée nationale constituante siège de juin 1789 à septembre 1791. En 1789, elle abolit les privilèges lors de la nuit du 4 août, adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août et pose les bases d’une monarchie constitutionnelle.

Alors, mon ami, deux ans de travaux et tu prétends qu’il nous faudrait dix ans ?

Ta réflexion est un exemple flagrant du travail de dénigrement mené par ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change : milliardaires, propriétaires de médias, capitalistes. Ils veulent conserver le pouvoir et continuer à crever les poches pleines.

Mais alors, quelle est la solution ?

Il n’y en a qu’une : changer le pouvoir et convoquer une Assemblée constituante pour passer à la VIe République.

UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE QUI INTEGRE LE PEUPLE PAR TIRAGE AU SORT ET QUI FAIT FI DES PARTICIPANTS AUX ANCIENNES ASSEMBLÉES.

Changer le pouvoir, mais comment ?

Une seule solution : il faut le prendre. Et pour cela, il faut nous organiser afin que l’élection présidentielle devienne l’élection de la VIe République.

Voter pour une République qui reconnaîtra au peuple le droit d’intervenir dans les institutions ; qui reconnaîtra à la planète des droits fondamentaux de protection ; qui permettra à chacun de choisir sa vie et qui permettra à chacun de choisir sa mort.

Et bien sûr, quand je fais le tour des femmes et des hommes possibles, désireux et capables de mener à bien ce projet, je n’en vois actuellement qu’un.

Vous le savez : cet homme, c’est le représentant de L’Avenir en Commun, Jean-Luc Mélenchon.

J’espère, pour ne pas rééditer les dernières élections présidentielles, que les autres prétendants accepteront de constater leur impossibilité à emporter la victoire et se rallieront, pour cette élection, à Mélenchon.

Quitte à se retrouver au moment des élections législatives et de l’Assemblée constituante : là sera le temps et l’heure de faire valoir ses différences, s’il y en a.

Au-delà de sauver un petit siège.

Le chagrin et la pitié, voilà ce que je ressens quand je vois se démener les Faure, Tondelier, Gluksman, Roussel, Autin, Ruffin, Jadot, qu’ont-ils à y gagner, rien , a perdre, tout et nous avec.

Le programme, l’avenir en commun n’est pas le joujou classique des politiques avant des élections, il existe depuis 2017, est publié, amendé, par nous, régulièrement. Il est consultable sur https://melenchon2027.fr/programme2025/livre/.

Il est également textuellement transmissible dans la pluspart des  librairies n’appartenant pas à Boloré ou autres néofascistes.

D’Ginto Nick.