« Tu les aimes mes institutions » ?
« Tu l’aimes ma constitution » ?
Il faut bien, un jour, que les citoyens admettent que, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les choses ont changé. L’exemple le plus frappant est celui de la condition des femmes : il est à lui seul suffisant pour étayer mon propos.
Les femmes n’ont pas le droit de vote. Elles ont besoin de l’autorisation de leur mari pour ouvrir un compte bancaire ou travailler. Elles n’ont aucun accès légal à la pilule contraceptive ni à l’avortement. Il n’existe pas de divorce par consentement mutuel ni d’autorité parentale conjointe. Une mère ne peut pas transmettre sa nationalité à son enfant. Le viol conjugal n’est reconnu comme un crime qu’en 1990 et la parité pour les mandats électoraux n’est instaurée qu’en 2000.
En somme, mis à part le droit de vote et l’éligibilité, à l’aube de la Ve République, les femmes étaient des citoyennes de seconde zone.
L’exemple est suffisant, mais le changement ne se limite évidemment pas à la condition des femmes. Il peut s’étendre à toutes les sphères de la vie, individuelles comme collectives.
Un autre fait est particulièrement marquant : le déplacement des populations. En 1958, 45 % de la population française est urbaine ; aujourd’hui, c’est environ 80 %.
Qui peut croire un seul instant qu’une Constitution rédigée en 1958, et les lois qui en découlent, ne puissent pas devenir obsolètes lorsque l’on constate les transformations considérables de la société entre 1958 et aujourd’hui ?
J’entends encore la réflexion d’un ami :
« C’est impossible, ce que propose LFI. Il faudra au moins deux mandats pour avoir une nouvelle Constitution. »
Quel mépris pour les artisans de la Constitution de 1958, dont les travaux se sont déroulés, en gros, sur quatre ou cinq mois ! Quel mépris aussi pour nous-mêmes : serions-nous incapables de le faire ?
Voici la chronologie :
- 3 juin 1958 : la loi constitutionnelle autorise le gouvernement de Charles de Gaulle à préparer une nouvelle Constitution.
- 12 juin : début effectif des travaux de rédaction.
- 29 juillet : le projet est présenté au Comité consultatif constitutionnel.
- 3 septembre : le projet définitif est présenté au Conseil des ministres.
- 4 septembre : de Gaulle le présente publiquement place de la République.
- 28 septembre : référendum.
- 4 octobre 1958 : promulgation de la Constitution.
Les principaux rédacteurs furent notamment Michel Debré, Georges Pompidou, Jean Foyer et Raymond Janot.
Quoi que nous pensions de ces rédacteurs, ils ont fait le boulot en quatre mois.
Ils l’ont fait, certes, mais dans le mépris du peuple, qui n’a pas été véritablement associé au processus et qui votera « oui » à la Constitution sans avoir eu la possibilité matérielle d’en analyser sérieusement le contenu. Le débat est resté largement réservé aux politiques.
On se souvient de François Mitterrand, farouche opposant à cette Constitution, qui finira pourtant par s’y vautrer, dès qu’il sera élu président de la République.
Il est un autre exemple, fameux, qui montre qu’une autre voie est possible, une voie respectueuse du peuple.
C’est l’Assemblée constituante de 1789.
Née de la transformation des États généraux, l’Assemblée nationale constituante siège de juin 1789 à septembre 1791. En 1789, elle abolit les privilèges lors de la nuit du 4 août, adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août et pose les bases d’une monarchie constitutionnelle.
Alors, mon ami, deux ans de travaux et tu prétends qu’il nous faudrait dix ans ?
Ta réflexion est un exemple flagrant du travail de dénigrement mené par ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change : milliardaires, propriétaires de médias, capitalistes. Ils veulent conserver le pouvoir et continuer à crever les poches pleines.
Mais alors, quelle est la solution ?
Il n’y en a qu’une : changer le pouvoir et convoquer une Assemblée constituante pour passer à la VIe République.
UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE QUI INTEGRE LE PEUPLE PAR TIRAGE AU SORT ET QUI FAIT FI DES PARTICIPANTS AUX ANCIENNES ASSEMBLÉES.
Changer le pouvoir, mais comment ?
Une seule solution : il faut le prendre. Et pour cela, il faut nous organiser afin que l’élection présidentielle devienne l’élection de la VIe République.
Voter pour une République qui reconnaîtra au peuple le droit d’intervenir dans les institutions ; qui reconnaîtra à la planète des droits fondamentaux de protection ; qui permettra à chacun de choisir sa vie et qui permettra à chacun de choisir sa mort.
Et bien sûr, quand je fais le tour des femmes et des hommes possibles, désireux et capables de mener à bien ce projet, je n’en vois actuellement qu’un.
Vous le savez : cet homme, c’est le représentant de L’Avenir en Commun, Jean-Luc Mélenchon.
J’espère, pour ne pas rééditer les dernières élections présidentielles, que les autres prétendants accepteront de constater leur impossibilité à emporter la victoire et se rallieront, pour cette élection, à Mélenchon.
Quitte à se retrouver au moment des élections législatives et de l’Assemblée constituante : là sera le temps et l’heure de faire valoir ses différences, s’il y en a.
Au-delà de sauver un petit siège.
Le chagrin et la pitié, voilà ce que je ressens quand je vois se démener les Faure, Tondelier, Gluksman, Roussel, Autin, Ruffin, Jadot, qu’ont-ils à y gagner, rien , a perdre, tout et nous avec.
Le programme, l’avenir en commun n’est pas le joujou classique des politiques avant des élections, il existe depuis 2017, est publié, amendé, par nous, régulièrement. Il est consultable sur https://melenchon2027.fr/programme2025/livre/.
Il est également textuellement transmissible dans la pluspart des librairies n’appartenant pas à Boloré ou autres néofascistes.
D’Ginto Nick.
