Sur le cul.

 

Je suis sur le cul.
À partir de mon dernier papier, j’attendais des réactions, positives ou négatives, au sujet de la dictature égyptienne ou du dommage national imposé à Magnin. Que dalle. Mais, par contre, plusieurs réactions sur mon propos au sujet de la Marseillaise entonnée à Saint-Denis.

La Marseillaise, on y parle de sang impur, comme si les armées françaises n’avaient jamais versé le sang, le leur et celui des autres, comme si elles n’avaient jamais égorgé leurs fils et leurs compagnes. La guerre d’Algérie n’est-elle qu’un lointain souvenir ? Oublions les OPEX, joli nom pour remplacer celui de guerre. OPEX lave plus blanc.

On y exalte aussi le « sang impur », ce qui interroge.

J’ai un souvenir que je veux partager :

Dans mon petit bled de St Gratien, pour passer le certif, notre instit, Monsieur Barège, je me souviens encore de son nom a ce salopard, s’était mis d’accord avec l’instit extérieur qui nous faisait passer l’examen pour que nous récitions la Marseillaise. Mon père, toujours blagueur, m’avait fait apprendre un texte qu’il m’avait commenté, La Butte Rouge et m’avait suggéré de le réciter à la place de la Marseillaise.. Ce que j’ai fait. Inutile de vous dire que j’ai récité « Sur cette butte-là… » et que j’ai été immédiatement coupé et viré. Je n’ai pas eu mon certif,  et je crois que c’est la seule fois où mon père a été fier que je rate un examen.

Gaston Montéhus et Jean Lenoir devraient inspirer notre hymne national, si nous avons besoin d’un hymne national. Personnellement, je préférerais un hymne mondial où seraient déclinés la paix, l’amour, la liberté, le partage, la justice. Dans les stades on ne dirait plus le PSG joue contre Arsenal(joli nom), mais le PSG joue avec Arsenal et lycée de versaille.

Les réactions à ce papier sont multiples.

1 – La plus belle vient d’un copain qui me dit : « Il est quand même con Mélenchon d’avoir démarré sa campagne en même temps que la finale mecs de Roland-Garros ? J’ai pas pu regarder youtube.» Le niveau de conscience politique est, on le voit, très élevé. Pour ceux qui ne connaissent pas, la finale masculine, est un match entre deux mecs qui tapent dans une balle pendant quatre heures et qui gagnent respectivement 2,8 millions d’euros et 1,4 million d’euros. « Ouais mais ils ont des frais… »

2 – Tata, je suis désolé, mais aujourd’hui l’ennemi refusant l’euthanasie qui lui serait fatale, n’est pas à nos portes pour attaquer une république naissante. Il est là, chez nous, chez toi, pour museler et imposer des soins palliatifs à une république agonisante, mais qui les sert si bien..

3 – Non, LFI n’a pas récupéré l’hymne national auprès du RN, elle a partagé l’hymne national avec le RN, et d’autres.

4 – Oui, LFI a enchaîné avec l’Internationale. Ce n’est pas une grande première. Souvent, Mélenchon a soutenu la Marseillaise, chant dit « républicain », mais à l’aube de cette campagne électorale que nous voulons sincère et transparente, c’est le moment de montrer le changement. Et le changement, pour moi, c’est non au « sang impur », oui à la fraternité ! Oui à l’amour de la vie!

D’ginto

Familièrement: Gerber.

 

Il est des événements qui portent atteinte à la dignité, à l’humanité, à la République.

La liste serait trop longue et je n’en citerai que trois, qui furent pour moi d’une extrême violence. Des événements anodins, qui passent inaperçus, mais qui sont le reflet de l’hypocrisie, de la démagogie et du désintérêt total de leurs auteurs pour les citoyens. Seuls les intéressent leur agenda électoral, leur image, les contrats d’armement.

Gerbe 1 : la Légion d’honneur donnée discrètement par Macron à Al-Sissi.
Gerbe 2 : l’hommage national rendu à Edgar Morin.
Gerbe 3 : la Marseillaise entonnée à la fin du discours de Mélenchon à Saint-Denis.

La première, je l’ai renommée « la Légion de la honte ».

Macron décore discrètement un dictateur, Al-Sissi, qui emprisonne, torture, fait disparaître les opposants ou les journalistes qui font leur travail, qui fait réprimer la « Marche mondiale » vers Gaza, en juin 2025, pour l’empêcher d’atteindre la bande de Gaza, à la demande de l’État voyou qu’est Israël, et qui s’arrange pour changer la Constitution et rester au pouvoir jusqu’en 2030 après un coup d’État en 2013.

Heureusement, quelques décorés rendent leur médaille. Pas de Français à ma connaissance, mais des Italiens : Corrado Augias, journaliste et écrivain ; Sergio Cofferati, syndicaliste et ancien maire de Bologne ; Giovanna Melandri, économiste ; et encore la journaliste et écrivaine Luciana Castellina.

Je parle de ce Sissi parce que j’ai eu récemment l’occasion de m’y intéresser, par l’intermédiaire du choix d’une de mes petites-filles de poursuivre ses études de droit au Caire. Les bras m’en sont tombés et je me suis conduit comme un con en lui suggérant que c’était un choix douteux. Depuis, je me suis excusé auprès d’elle et j’ai déplacé mon courroux.

L’Institut de Droit des Affaires Internationales (IDAI) de l’Université du Caire dépend de Panthéon-Sorbonne, et l’on en dit le plus grand bien. Mais comment le ministre de l’Éducation nationale, comment le président de la République peuvent-ils aujourd’hui — nous ne sommes plus au temps de Moubarak — perpétrer l’enseignement du droit dans un pays où les droits des femmes et des hommes n’existent pas ?

Selon Amnesty International, sous le régime du maréchal Al-Sissi, 40 000 personnes ont été arrêtées ou sont poursuivies pour des raisons politiques ; 700 personnes au moins ont été placées en détention sans procès depuis plus de deux ans ; plus de 500 disparitions forcées ont été recensées ; 538 condamnations à mort ont été prononcées en 2015 et 1 400 manifestants ont été tués. L’ONG a également noté un « recours généralisé à la torture en détention ».

Human Rights Watch affirme, de son côté, que 60 000 personnes ont été arrêtées depuis 2013 par le régime d’Al-Sissi.

Mais bien sûr, mon propos n’est pas recevable, car l’enseignement des droits humains n’est pas la mission de l’IDAI. Sa mission est d’offrir à ses étudiants une formation universitaire de très haut niveau, les préparant aux diplômes français de licence en droit (trois années d’études) et de master en droit des affaires.

Tout est dit. Eva, bonne chance et surtout contente toi de tes études et du plaisir de découvrir un pays,tout en conservant des œillères et des boules kies.

Je tire mon chapeau à Macron, et je regarde, à travers des larmes, celui d’Edgar cloué sur le cercueil.

Cet événement, je l’ai renommé « le dommage national fait à Edgar ».

Comment t’appeler ? Magnin ? Morin ? Nahoum ? Salomon David ?

J’ai choisi.

Salut, Magnin,

Nous sommes loin de Teruel et je ne vais pas en rajouter une couche. Edgar, tu as disparu physiquement, mais pas intellectuellement, ni culturellement, ni politiquement.

Je t’ai longtemps appelé l’Iguane, tendrement, et je garderai longtemps tes yeux pétillants et ton sourire, prêts à embrasser, mais aussi à mordre.

Je suis écœuré par l’hommage national qui t’est rendu. Non qu’il ne soit pas mérité, mais parce que cet hommage dépend d’un président de la République hypocrite, aveugle et sourd aux hurlements des Gazaouis, des Cisjordaniens, des Libanais…

Edgar Nahoum, ex-David Salomon Nahoum, a jusqu’à son dernier souffle pris fait et cause pour le peuple palestinien. Il aura critiqué l’État d’Israël tout en reconnaissant une « admirable minorité » opposée à la politique désastreuse — le mot est faible — de Netanyahou.

Il aura eu droit à un procès pour antisémitisme après la publication d’un article paru dans Le Monde. Quatre années de procédure pour que la plainte retourne d’où elle venait : des chiottes.

Aujourd’hui, ceux-là mêmes qui flirtent avec Netanyahou et qui veulent faire de nous des antisémites parce que nous hurlons notre douleur à voir crever un peuple, à voir écraser et affamer des enfants, des chiens et des chats, ce sont eux qui, engoncés dans leurs beaux costumes, rendent hommage à Edgar Morin.

C’est à gerber.

Ils veulent faire de nous des antisémites parce que nous ne supportons pas de voir le peuple juif, s’abritant derrière des drames parmi les plus odieux que l’humanité ait pu inventer, devenir génocidaire, toujours plus colonisateur, toujours plus voleur.

Antisémites parce que nous ne supportons pas de voir un homme, Netanyahou, qui, pour éviter le plus longtemps possible la justice de son pays et la justice internationale, poursuit ses méfaits.

Combien de morts pour éviter la justice ?

Citoyens d’Israël, membres de la diaspora juive, réveillez-vous !

Rejoignez l’« admirable minorité » et devenez « la majorité normale ».

Le solde des entrées et des départs d’Israël est aujourd’hui négatif en faveur des départs. Mais le départ n’est pas une solution.

La solution, c’est le combat pour la reconnaissance de la Palestine, rééquilibrée, indemnisée. C’est la réduction à la portion congrue de l’influence des fanatiques religieux. C’est permettre à des petites filles de se promener en jupe sans recevoir de petits cailloux dans certains quartiers. C’est, surtout, faire en sorte que l’État d’Israël cesse d’utiliser la victimisation liée à la Shoah tout en se conduisant en colonisateur, en voleur, en génocidaire.

Vous savez que ce sont là trois des méthodes que les nazis ont utilisées à l’encontre des Juifs.

Troisième gerbe.

Pour ce qui concerne Saint-Denis et la Marseillaise, j’ai rapidement éteint la chaîne YouTube de Mélenchon quand j’ai entendu les premières notes de la Marseillaise.

Le drapeau bleu-blanc-rouge, passe encore. Mais, pour ce qui me concerne, cet hymne n’est pas supportable : guerrier, belliqueux, raciste.

Pourquoi entonner ce chant ? Pour racoler des voix de droite et d’extrême droite ?

À la limite celle de Gainsbourg et encore!

J’espère que la Sixième République aura le courage de changer l’hymne national.

Cet incident semble anodin, mais il suffit à me cantonner à un statut de contact et de soutien au sein d’Action populaire et au GA, n’ayant aucune envie de me retrouver à subir la Marseillaise.

D’Ginto

Parité la sortie.

J’ai osé dire que dans une future organisation politique, la loi sur la parité en matière politique passait à la trappe au profit de « Il doit y avoir au moins autant de femmes que d’hommes. » Oulala il faut entendre au fin fond du bois de Paiolive, le tollé du mâle attaqué dans ses prérogatives.
Il faut lire :
« La loi électorale peut prévoir des mécanismes visant à assurer une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les assemblées élues, dans la constitution de listes de candidatures. Ces mécanismes peuvent inclure la parité ou des dispositifs favorisant une représentation majoritaire des femmes. »
Une liste de candidature se construit par et pour les citoyen-ne-s candidat-e-s ou par des citoyen-ne-s élu-e-s.
« les citoyen-ne-s qui préparent une liste de candidature sont majeur-e-s, vacciné-e-s et peuvent dans le cadre de la loi effectuer leurs choix en fonction des compétences, des disponibilités de chacun·e »
« mon choix révèle son importance, si le mode d’élection des délégués communautaires perdure, ne laissant que le choix de présenter une liste bidon, quitte à revoir cette liste par le biais des démissions ».
Si une majorité de femmes est établie dans une assemblée, ce n’est que la reconnaissance d’une erreur historique. On ne répare pas l’histoire avec des équilibres figés.
Et enfin une considération que je dirai, si j’osais, biologique, mais je n’ose pas, en disant plutôt : « le fait que certaines femmes aient vécu la grossesse et la maternité, ce qu’aucun homme n’a vécu dans sa chair, leur donne une expérience du corps, du soin et du lien à la vie qui peut enrichir la réflexion politique. »
Quelle petite fille, jeune fille ou femme, quel petit garçon, jeune homme ou homme savent-ils qu’en 1945 les femmes votaient pour la première fois, savent-ils que c’est la loi du 13 juillet 1965 qui autorise la femme mariée à ouvrir un compte bancaire en son nom et à travailler sans le consentement de son mari, au même titre qu’une célibataire ou une veuve.
La parité n’est pas un mur, c’est un plancher, une majorité de femmes est légitime, possible et politique.
La loi ne doit pas être faite par des mathématiciens, mais par des êtres sociaux, attentifs à la vie, a la liberté, au libre arbitre, autant que faire ce peut.