Je le pensais déjà : l’humanité est la catastrophe originelle, l’erreur de fabrication, le désastre matriciel. Aujourd’hui, elle ne m’inspire plus que le dégoût. Elle est putride. Elle empeste, elle sent le brûlé.
Nous avons assisté, seconde après seconde, à l’horreur de Crans-Montana. Et dans ce carnage, les véritables responsables ne sont pas seulement « ces honnêtes commerçants, soucieux de la sécurité de leur établissement », mais aussi ceux qui l’ont exploitée. Les vautours médiatiques, les trafiquants d’émotions, les maquereaux de l’information ont exhibé leur vraie gueule : celle de charognards repus, se frottant les mains devant le sang encore chaud, devant l’audimat.
Quarante morts. Des corps broyés. Des vies pulvérisées. Une tragédie absolue pour les victimes, leurs proches, leur humanité brisée à jamais. Mais pour les médias ? Une aubaine obscène. Une jouissance. Des images en boucle, des plateaux pleins, des experts en mousse, poussiéreux qui ont tout raté, mais qu’on ressort des placards, des larmes calibrées pour l’audimat. Le drame transformé en marchandise. Le cadavre comme produit d’appel.
Et pendant ce temps-là, le reste du monde crève en silence. Le Soudan est effacé. Gaza est étouffée. La Cisjordanie est rayée de la carte médiatique. L’Ukraine n’existe plus que quand elle rentre dans les grilles de programmation. Mais bande de chiens, (désolé pour les chiens) pourquoi ne parlez-vous pas tous les jours — TOUS LES JOURS — des enfants palestiniens, soudanais ? Des enfants calcinés, déchiquetés, écrasés sous les gravats, amputés, traumatisés, enterrés avant même d’avoir vécu. Pourquoi ce silence complice ? Pourquoi cette sélection ignoble des morts qui méritent l’antenne et de ceux qu’on peut jeter dans la fosse commune de l’oubli ? 740 Palestiniens par mois depuis le 7 cotobre. Le temps que ce présumé innocent qu’est Netanyahou déjeune avec Trump, c’est 27 jeunes palestiniens assassinés.


Votre hypocrisie est criminelle. Votre lâcheté est structurelle. Vous êtes les scribes serviles d’un ordre qui préfère le frisson à la vérité, le spectacle à la justice, l’émotion jetable à la dignité humaine. Votre hypocrisie, votre soumission au pouvoir, sont aussi nocifs que le narco trafic. Vous ne faites pas de l’information : vous fabriquez de l’anesthésie morale, sans seringues, sans cachetons. Vous êtes les propagandistes d’un monde indécent.
J’espère que l’Histoire vous traînera dans la boue, dans la bouse que vous méritez. J’espère qu’un jour, une véritable Sixième République, vive LFI, vous arrachera vos micros et vos plateaux pour vous renvoyer à ce que vous valez : récurer des chiottes pendant que l’information sera enfin confiée à des femmes et des hommes libres, incorruptibles, indifférents à leur image et obsédés par la vérité.
Alors peut-être que l’information cessera d’être une pornographie de la souffrance, une foire au sensationnel, un cirque pour cerveaux disponibles. Peut-être redeviendra-t-elle ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le récit brutal, honnête et politique de la vie des peuples — tous les peuples — sans hiérarchie de morts, sans géométrie variable de l’indignation.
Pour couronner le tout le locataire de l’ÉLYSÉE présente ses vœux aux Français, et comme beaucoup de citoyens je ne peux les critiquer m’étant empressé d’éteindre la télé.
D’Ginto