attention passage de néo-ruraux

Un nouveau panneau qu’il va falloir apprendre, si l’on en croit la rumeur qui court à Lablachère :
« Sur la liste EGAL, il n’y a que des néo-ruraux. »

Voilà trois dimanches de suite que j’entends cette presque vérité. Cette presque vérité ne me gêne pas, au contraire : elle montre l’appétit des néo-ruraux à prendre leur destin en main. Non, ce qui me gêne, c’est la façon de le dire, péjorative, avec donc l’intention de nuire.
Les listes n’étant pas encore connues, je ne peux pas vous dire sur quelle liste se présentent les individus qui prononcent cette phrase.

Ma première remarque est que les néo-ruraux sont des citoyens à part entière, habitants de la commune et/ou éligibles à l’inscription sur les listes électorales, de droit, au même titre que les habitants pouvant remonter leurs lignées sur quarante-huit générations.

Ma deuxième remarque est un constat amusé : la liste majoritaire en place au conseil municipal est de loin majoritairement néo-rurale !

À partir de ce constat, aidés par des experts internationaux sri-lankais, nous avons tenté de mieux comprendre le phénomène.
La conclusion est que les habitants de Lablachère, même nés à Cerisy-Gailly par Sally Laurette, et qui votent à droite ou à l’extrême droite, sont des candidats respectables ; les autres, nés au même endroit mais votant majoritairement à gauche, ne sont que des yuppies, des babas — pardon — des néo-ruraux.

Avec d’autres experts internationaux berrichons, nous avons étudié le cas de Saillans, dans la Drôme, où néo-ruraux et Drômois pur beurre se sont alliés pour gagner les élections municipales en 2014 contre un maire qui voulait installer un Carrefour, avec 43,08 % des inscrits et 56,77 % des votants.
En 2020, ils perdent de 18 voix, et l’analyse que nous en faisons est que c’est de la faute des néo-ruraux. Non pas parce qu’ils ont été mauvais, mais parce qu’ils en ont trop fait, chamboulant la quiétude du petit village.
Qu’ouïs-je, qu’entends-je, qu’acoustiquais-je ? Village transformé en laboratoire, trop d’actions chronophages, médias en permanence dans le village…

Quels plus beaux reproches peut-on faire à des individus motivés, enthousiastes, souriants ?
La leçon à tirer est d’y aller mollo, d’intégrer dans les débats toutes les forces vives du village, de respecter le chant du coq et de ne pas négliger le passé. Il faut rassurer.

Pour ce qui nous concerne directement, que peut-on reprocher aux néo-ruraux ainsi nommés ?
D’avoir acheté et retapé des ruines, fait des enfants et sauvé des écoles, revalorisé des terres, permis à de petits exploitants d’écouler leurs productions passion, redynamisé des villages qui se dépeuplent, mis en avant une agriculture durable et saine, sinon bio, créé à Lablachère une dizaine d’activités — et notons-le sans l’intérêt aucun de la municipalité en place depuis 2008 — animé culturellement le territoire avec, entre autres, des festivals, musiques et cinémas de renommée internationale, développé le théâtre amateur…

Quand, accompagnés cette fois-ci d’experts internationaux tchécoslovaques, nous avons demandé aux néo-ruraux historiques, dits les yuppies, les babas, comment ils avaient été accueillis en Ardèche, la grande majorité répond :
« Très bien, mais seulement de la part des Ardéchois qui auraient pu être nos pères ou nos grands-pères. Ils étaient heureux de voir que des jeunes, barbus et chevelus, avaient envie de vivre là où eux ont vécu, parfois difficilement. »

Personnellement, si je devais ériger un obélisque pour honorer les autochtones qui nous ont aidés, l’obélisque de Louxor aurait l’air d’un sucre d’orge, et je ne peux m’empêcher malgré tout d’en citer quelques-uns.

À Lablachère : Guite et Jo Roumanet, Michel Beaussier, Terme, Rieusset, Lalou, Chilou Reboul…
À Sanilhac : Barial, Mendras, et avec une médaille d’or, Juliette et Léon du Gua…
À Laurac : Maurice Julien et sa famille, Christian Laroche et sa famille, Lèbre…
Aux Vans : Madame Froment, Maître St-André…

Je peux continuer ainsi avec tous les villages situés dans un rayon de 50 km.
Aujourd’hui, ils sont pour la plupart décédés, et leurs remplaçants font ce qu’ils peuvent, à de rares exceptions près, pour décrédibiliser ce mouvement néo-rural.

Nous avons retrouvé deux néo-ruraux célèbres, arrivés en Ardèche à peu près en même temps, avec les mêmes envies de nature, de partage, de liberté, de vie — et des destins différents.

Rabah Rahbi et Pierre Conty.
Le premier, né au Maghreb, devenu « Pierre »Rabhi, a, à force de travail, aidé par sa femme, acheté sa ferme. Il est devenu cet écrivain, philosophe, agroécologue, encensé par tous, et même par les Lablachérois — étonnant, non ? Avec le RN, il n’aurait pas pu rentrer en France.
Quand on demande pourquoi ce néo-rural-là, algerien d’origine, est bien considéré, la réponse est simple :
« Ah lui, c’est pas pareil, y en a des biens, et puis y passe à la télé. »

L’autre, Pierre Conty, après un passage à Antraigues où sa femme institutrice est mutée, était considéré, faisait des petits boulots pour tout un chacun et pour la mairie. Il se voit proposer, en 1960, par M. Curinier, maire de Chanéac — village qui se désertifiait — des bâtiments vétustes et des terres en friche, sans propriétaires connus, mais hélas sans contrat juridique aucun.
Dix-sept ans plus tard, après qu’ils aient retapé les bâtiments et remis les terres en valeur, des propriétaires, aidés par la justice, les font expulser. C’est le début du drame dont Ma Bastide se repaît de numéro en numéro.
Du côté humain, on accueille ; au nom de la « justice », on expulse, sans réparations ?

À suivre

D’Ginto

Courage Salch

Image

 

Oui, j’adhère pleinement au dessin de Charlie Hebdo consacré au drame de Crans-Montana. Et non, il n’a jamais été question de faire rire. Croire le contraire relève soit de la mauvaise foi, soit d’une indigence intellectuelle assumée. Soit de gagner un procès et se faire du fric. Ceux qui hurlent à l’indécence confondent volontairement satire et divertissement, comme si toute image publiée dans Charlie devait forcément provoquer l’hilarité des imbéciles.

S’arrêter au premier degré, dans un journal satirique, est un aveu : celui d’une incapacité à lire, à penser, à dépasser l’émotion brute pour atteindre le sens. Les plaignants, les censeurs improvisés, les donneurs de leçons à l’indignation automatique ne sont pas choqués : ils sont paresseux. Ils préfèrent vociférer plutôt que comprendre.

Oui, la douleur des familles est immense. Oui, celle des victimes décédées l’a été, et ne l’est plus. Oui, les blessés souffrent encore, et les survivants porteront longtemps le poids de ces instants. Personne ne le nie. Mais prétendre qu’un dessin pourrait « nuire » aux victimes est une absurdité mystique. Nuirait comment ?
À moins de croire à un Dieu voyeur, comptable des offenses graphiques, qui rappellerait à lui ses enfants pour mieux s’offusquer d’un dessin dans la presse.

Il suffit pourtant de lire la légende : « La comédie de l’année ». Tout est là. Charlie Hebdo ne se moque pas des morts, il vomit sur la mise en scène. Il dénonce la transformation d’un drame en spectacle, l’obscénité d’un système économique — les sports d’hiver machine à fric — confiés à des irresponsables, protégés par un État défaillant qui préfère la communication à la responsabilité.

Ce dessin montre comment l’État échoue, puis parade. On a déjà vu ça, chez nous avec le Bataclan. Comment il maquille l’échec en cérémonie, la négligence en fatalité, la mort en séquence télévisuelle. Une mascarade nationale, indigne, obscène, mais parfaitement huilée.

Il montre aussi, sans détour, l’indignation à géométrie variable : certains morts méritent le deuil officiel, les plateaux télé et les larmes publiques ; d’autres sont broyés, grillés, dans un silence poli, sans discours, sans dessin, sans scandale.

Ceux qui crient aujourd’hui à l’ignominie ne défendent ni les victimes ni la dignité. Ils défendent leur confort moral, leur besoin de croire que le monde est simple, que le tragique doit rester silencieux et que la satire doit se taire quand elle dérange.

A Crans Montana on nous endort avec l’adagio de la 5 iem symphonie de Malher, à Gaza on ecrit la symphonie du Malheur.

Messieurs les censeurs, messieurs les sans cœurs,
votre morale est sélective, votre indignation creuse, et votre compréhension du réel affligeante.
Bonsoir.

D’Ginto

« L’information aux mains des vautours »

Je le pensais déjà : l’humanité est la catastrophe originelle, l’erreur de fabrication, le désastre matriciel. Aujourd’hui, elle ne m’inspire plus que le dégoût. Elle est putride. Elle empeste, elle sent le brûlé.

Nous avons assisté, seconde après seconde, à l’horreur de Crans-Montana. Et dans ce carnage, les véritables responsables ne sont pas seulement « ces honnêtes commerçants, soucieux de la sécurité de leur établissement », mais aussi ceux qui l’ont exploitée. Les vautours médiatiques, les trafiquants d’émotions, les maquereaux de l’information ont exhibé leur vraie gueule : celle de charognards repus, se frottant les mains devant le sang encore chaud, devant l’audimat.

Quarante morts. Des corps broyés. Des vies pulvérisées. Une tragédie absolue pour les victimes, leurs proches, leur humanité brisée à jamais. Mais pour les médias ? Une aubaine obscène. Une jouissance. Des images en boucle, des plateaux pleins, des experts en mousse, poussiéreux qui ont tout raté, mais qu’on ressort des placards, des larmes calibrées pour l’audimat. Le drame transformé en marchandise. Le cadavre comme produit d’appel.

Et pendant ce temps-là, le reste du monde crève en silence. Le Soudan est effacé. Gaza est étouffée. La Cisjordanie est rayée de la carte médiatique. L’Ukraine n’existe plus que quand elle rentre dans les grilles de programmation. Mais bande de chiens, (désolé pour les chiens) pourquoi ne parlez-vous pas tous les jours — TOUS LES JOURS — des enfants palestiniens, soudanais ? Des enfants calcinés, déchiquetés, écrasés sous les gravats, amputés, traumatisés, enterrés avant même d’avoir vécu. Pourquoi ce silence complice ? Pourquoi cette sélection ignoble des morts qui méritent l’antenne et de ceux qu’on peut jeter dans la fosse commune de l’oubli ? 740 Palestiniens par mois depuis le 7 cotobre. Le temps que ce présumé innocent qu’est Netanyahou déjeune avec Trump, c’est 27 jeunes palestiniens assassinés.

Votre hypocrisie est criminelle. Votre lâcheté est structurelle. Vous êtes les scribes serviles d’un ordre qui préfère le frisson à la vérité, le spectacle à la justice, l’émotion jetable à la dignité humaine. Votre hypocrisie, votre soumission au pouvoir, sont aussi nocifs que le narco trafic. Vous ne faites pas de l’information : vous fabriquez de l’anesthésie morale, sans seringues, sans cachetons. Vous êtes les propagandistes d’un monde indécent.

J’espère que l’Histoire vous traînera dans la boue, dans la bouse que vous méritez. J’espère qu’un jour, une véritable Sixième République, vive LFI, vous arrachera vos micros et vos plateaux pour vous renvoyer à ce que vous valez : récurer des chiottes pendant que l’information sera enfin confiée à des femmes et des hommes libres, incorruptibles, indifférents à leur image et obsédés par la vérité.

Alors peut-être que l’information cessera d’être une pornographie de la souffrance, une foire au sensationnel, un cirque pour cerveaux disponibles. Peut-être redeviendra-t-elle ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le récit brutal, honnête et politique de la vie des peuples — tous les peuples — sans hiérarchie de morts, sans géométrie variable de l’indignation.

Pour couronner le tout le locataire de l’ÉLYSÉE présente ses vœux aux Français, et comme beaucoup de citoyens je ne peux les critiquer m’étant empressé d’éteindre la télé.

D’Ginto

Episode 5 et dernier de la serie si culture de Lucy au Bataclan

 

Bonne année!

 

NDLA
Personne n’est obligé de lire mes textes.

Si certains ne veulent plus recevoir mes alertes à chaque nouvelle publication, plutôt que de filtrer ma messagerie, prévenez-moi et je vous retirerai de ma liste.
Certains lecteurs courageux — et je ne pense pas qu’ils fassent partie de ma liste — m’écrivent sur ma messagerie, avec des noms et des messageries d’emprunt,
corbeaux émettant des critiques aussi stupides que leurs idées, si elles existent. Si vous avez quelque chose à dire, osez le faire dans les commentaires du blog, avec votre nom.
Les critiques sont bienvenues lorsqu’elles ouvrent à un débat, mais pas lorsqu’elles ne sont que des vomissures de néofachistes. Pour répondre à ces gens, toujours prêts à tondre des femmes, je vais me faire aider par Brigitte Fontaine.

brigitte

« Poncho, mon ami, il faut faire un petit point, et je te fais un aveu : tout mon raisonnement est basé sur l’anthropologie vulgarisée, je ne me suis pas posé la question de sa valeur »

Premiers constats sur l’histoire de l’humanité


« Aujourd’hui, je vais aller au bout de mon raisonnement. Assieds-toi et arrête de me poser des questions, d’autant plus que chaque fois, si tu voulais te donner la peine, tu as la réponse. »

Socialement, je distingue deux grandes périodes :

  1. Les sociétés de chasseurs-cueilleurs
  2. L’invention de l’agriculture

Comme des experts internationaux lozériens me l’ont appris, je situe le début des sociétés inégalitaires dans cette deuxième période, il y a environ 11 000 ans, selon les régions du globe.

Voici un condensé, pas forcément dans l’ordre des évènements que j’ai dénoncés comme porteurs des germes du terrorisme, des massacres, peu importe le nom qu’on veut bien leur donner. et  d’une certaine émigration, avant de parler immigration, il y a toujours une émigration, volontaire ou contrainte et je pense que c’est là ou le monde doit faire un effort, faire que l’émigration contrainte disparaisse. Mais cela le capitalisme ne le permet pas. une prochaine nature d’émigration guette de nombreux citoyens, l’émigration climatique.

les germes des révoltes, des violences, des massacres, apparaissent avec :
L’Apparition de l’humanité prédatrice, de l’agriculture, de la propriété, des classes sociales, des religions, des lois, règles et règlements, des frontières, des guerres de religion, de la notion d’Occident et d’Orient.

Ce fatras que je ne me risque pas à présenter chronologiquement, contient le ferment de la rancœur, de la jalousie, de la haine et de la honte. Ces combustibles, utilisés par des individus avides de pouvoir et d’argent, ou religieusement fanatisés,  permettent d’embrigader des populations sous couvert de foi, conduisant à des atrocités comme le Bataclan. Et ce n’est que le début.

La colonisation

La colonisation est un autre facteur clé. Pas besoin d’être historien pour savoir que la colonisation, (qui devrait être considérée comme un crime et donner lieu à réparation), a déferlé sur le monde dès le XIVe siècle.

Le clou de l’ignominie est la conférence de Berlin (1884-1885), où les puissances européennes, entre deux parties de bridge, se partagent l’Afrique selon un principe très strict : l’occupation effective, c’est-à-dire qu’un pays ne peut revendiquer un territoire que s’il l’occupe réellement. On sent bien, au travers de cette décision, l’humanisme qui se dégage de la colonisation. Les Africains, êtres inférieurs dont nous ne sommes pas certains qu’ils aient une âme, n’ont bien sûr pas été consultés.

Pour le reste du monde, la colonisation s’est faite plus tôt et progressivement, entre le XVe et le XVIIIe siècle. Quelques accords majeurs dans l’odieuse partition:

  1. Traité de Tordesillas (1494)
    Dans sa grande bonté, 
    le pape Alexandre VI, le représentant sur terre d’un dieu, approuve la magouille qui consiste à massacrer les Indiens puis à se demander si les survivants ne sont pas des êtres inférieurs.
    Le monde se partage entre l’Espagne (Amériques sauf le Brésil) et le Portugal (Brésil, Afrique, Asie).
    Il faudra attendre(1550) la controverse de Valladolid, qui tente de définir le statut de l’humanité des Indiens et les modalités de la conquête de l’Amérique. L’envoyé du pape finira par admettre que les Indiens ont une âme, mais ce n’est pas grave : allons vite voir en Afrique où il y a des inférieurs tous noirs.
  2. Traité de Saragosse (1529)
    Il complète Tordesillas pour le Pacifique, l’Asie et certaines zones du Moyen-Orient.

Les Amériques sont colonisées dès le XVIe siècle, l’Asie est dominée progressivement par le commerce puis par la force, et l’Océanie surtout au XIXe siècle. Les puissances européennes se partagent ces régions par guerres, traités bilatéraux et conquêtes, toujours dans le mépris des peuples autochtones.

La colonisation consiste essentiellement à piller et humilier les populations locales à les asservir, en s’intéressant à toutes les zones exploitables, tout en délaissant et en  laissant certaines zones, se développer, en les favorisant sous l’autorité de chefs locaux, souvent corrompus, imitant les colonisateurs pilleurs. Ces zones sont pour la plupart sans intérêts pour les colons, qui sont bien content que d’autres qu’eux aient à gérer ces individus.

Communisme, Capitalisme, colonisation et inégalités

L’échec du communisme, dévoyé par quelques dictateurs, l’avènement du capitalisme industriel, puis commercial, financier et enfin numérique, ouvre l’ére du capitalocène. Ce capitalisme est toujours en avance d’une longueur. Je ne parle pas d’avance humaine.

Le capitalisme, aidé par la colonisation, a créé une hiérarchie sociale moderne :
Très riches                                                                                                       
Riches
Classe moyenne
Pauvres, et une classe de deux milliards d’individus « qui n’existent pas », vivant sous le seuil de pauvreté.

Chaque classe revendique de rejoindre la classe supérieure, par quels moyens?

Aujourd’hui, environ 3,7 milliards de personnes vivent avec moins de 6,85 dollars par jour. Cette population, qui voit, entend, sent, mais est privée des ressources essentielles, devient le réservoir de main-d’œuvre pour gangs, milices et extrémistes. Tant que les régimes politiques et économiques ne satisferont pas les besoins fondamentaux de ces populations, nous continuerons à voir des tragédies comme le Bataclan. Aussi longtemps que le capitalisme débridé ignorera ces populations, nous continuerons à parler d’émigration, sans compter l’émigration climatique, futur drame. 

Décolonisation et injustices contemporaines

Lorsque les colons quittent « leurs territoires« , ils laissent souvent, vengeance oblige, un vide destructeur, favorisant le chaos. Ce n’est pas universel. Israël, par exemple, montre comment une colonisation contemporaine, favorisée par l’Europe, poussée par le sionisme, se maintien, créant des tensions durables et des violations du droit international. Et qu’on ne me casse pas les burnes avec l’antisémitisme : je m’adresse à un État dit démocratique, Israel. État qui perpétue, armé par tous, sous le regard bandé du monde, colonisation, massacres et violations du droit international, le tout conduit par un présumé innocent, et qui n’a qu’une issue : prolonger la situation, gagner du temps, en espérant se faire oublier de la « justice » ou pourquoi pas prendre la fuite. Ça me rend malade que pour le confort et la protection d’un bandit on tue et tue encore.

La décolonisation elle-même ajoute au ressentiment des anciens colonisés, surtout lorsque ceux-ci subissent une nouvelle « colonisation rémunératrice » sous couvert d’échanges industriels ou commerciaux.

Ainsi, le Bataclan et d’autres tragédies sont des conséquences directes de la colonisation, du capitalisme et de la décolonisation, combinées à des inégalités sociales profondes. Dans un monde juste, où chacun aurait accès à la nourriture, à la santé, à l’éducation et à un minimum de confort, ces violences n’existeraient pas.

Comme le proposait Marx, le temps libre et le travail devraient s’harmoniser. Certains économistes modernes et syndicats avancent une semaine de travail de 25 heures, et Keynes évoquait même 15 heures.

Aujourd’hui, en France, pendant cinq jours, le temps libre est estimé à 2 heures par jour, le week-end, à 20 heures au total. En résumé, temps de travail 35 heures, temps libre 30 heures. Est-ce bien équilibré, je n’en sais rien. Ce que je sais c’est que 30 heures de temps libre quand on est pauvre et citadin, c’est une raison de plus pour ajouter à la jalousie, la haine, l’envie. Dans le monde rural, nous avons plus de possibilité d’utiliser notre temps libre et ainsi d’échapper à l’embrigadement.

Préférant se cacher derrière l’islamisme terroriste, pas un gouvernement n’essaie d’approfondir le pourquoi de ces actes ignobles. On se goberge souvent de son efficacité à déjouer des attentats, on fait les louanges des services secrets et des brigades d’intervention, et on en profite pour avancer des lois liberticides, on commémore.

Les responsables du monde politique et du capitalisme mondialisé savent très bien quelle est leur responsabilité, mais la fuite en avant, le durcissement et la fascisation restent leurs armes, dès lors que, de leur vivant, ils peuvent empiler des dollars, des euros, des… Après eux, ils s’en foutent.

Une petite phrase de Brecht tintinnabule, pas à Notre-Dames, mais dans ma tête.

Elle me gêne car elle impute à la femme la naissance de la bête immonde, mais elle est ainsi formulée.

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

D’Ginto

 

episode 4 de la serie si culture DE LUCY au BATACLAN Trève

 

C’est le bordel. Jésus-Christ, la première superstar capable de remplir des arènes entières alors qu’il n’y a même pas de système son, a beaucoup de mal à se déplacer dans le monde, parce qu’il n’a pas de carte d’identité et qu’il faut y croire pour le voir.

Heureusement, au IVᵉ siècle, sous le règne de l’empereur Constantin et du pape Libère, un premier semblant d’état civil est produit.  il y est dit que Jésus-Christ est officiellement né le 25 décembre et, pour compléter la fiche Cerfa n° 1210102 ou 1210002, Constantin envoie une équipe faire l’état des lieux et la DPE d’une grange à Bethléem.

Le dossier complet est déposé et validé :

Jésus de Nazareth
Né le 25 décembre à zéro heure.
À Bethléem                                                                                                                    Lieu-dit : La Grange
Père : Joseph
Mère : Marie

Ça, c’est vu du côté des chrétiens. Dans l’islam, la version est différente et Jésus s’appelle ‘Issa, mais là, je n’ai pas assez d’informations sur le personnage.

Les beaux-parents de Marie, père et mère de Joseph, ne seront jamais dupes. Leur fils ayant avoué que non seulement il n’avait jamais couché avec sa femme, mais qu’en plus elle était vierge, mariage de complaisance. Je vois encore le père de Joseph s’étrangler de rire et, ayant retrouvé ses esprits, prononcer haut et fort cette phrase restée célèbre :                                                                                                                  « Arrêtez vos conneries, nous savons tous, de Marseille, que Gabriel a fait un doigt donneur à Marie ! AHAHAHAHA ! Sapristi de tonnerre de Brest ! Mille sabords ! Par tous les crabes aux pinces d’or ! Nom d’un bougre ! AHAHAHAHA ! ».

Un petit détail : si vous voulez vous rendre à La Grange, n’oubliez pas de préciser Bethléem, sinon vous risquez de vous trouver devant la tombe de Jean Tannenbaum, à Entraygues-sur-Volanes. Lui est né le 26 décembre, un jour après Jésus.

Voilà pour le premier personnage, passons au deuxième.

Le Père Noël. Il a fallu faire les mêmes démarches et, finalement, on arrive malgré tout, et sans arrière-pensée commerciale, à identifier le bonhomme. Il est né aux États-Unis.

On trouve sa trace dès l’arrivée des Pilgrims, sous le nom de Santa Claus, figure de proue d’un des bateaux des pèlerins. Le bonhomme qui n’a pas lésiné sur la mescaline que lui procure les Indiens, se promène au-dessus des cheminées pour apporter des cadeaux. Vite écœuré par les ricains ou futurs Ricains, il se réfugie en Finlande, à Joulupukin Pajakylä, dans la proche banlieue de Rovaniemi, où il continue son boulot.

Voilà les deux personnages en place pour le quatrième épisode de la série Série si  culture: de Lucy au Bataclan. Vous l’aurez compris, c’est un épisode repos, d’autant qu’Abraham, après la passerelle, la soirée Champs Libres et le marché du Vialiat, a pioncé pendant quatre jours. Mais le revoilà, n’en doutez pas, en pleine forme.

 

 

« Poncho, je nous souhaite un triste joyeux Noël. »
— « Pourquoi triste ? »
« Kukkokeikuu !!!!!! »
— « Ta gueule, Macron, mais dis-moi, Poncho, il a changé de cri ? »
— « Oui, il s’est inscrit au programme de base-cours de Babel. Là, il vient de gueuler en finlandais, Père Noël oblige. Mais tu ne m’as pas répondu : pourquoi triste joyeux Noël ? »
— « Parce que toi, tu trouves qu’il y a de quoi joyeuseter ? Tous les animateurs des médias de masse jouent à la guerre, la droite guerrière, le patron de l’armée française veut que nous transformions nos enfants en chair à canon, Gaza, Cisjordanie, l’Ukraine, et puis au Soudan la foule crie, comme pour une éclipse, cyclone de folie, remous d’apocalypse… Tu la vois pas, la tristesse, Poncho ? Mais tradition oblige, et pour faire plaisir, faux-cul que je suis, à ceux qui en ont besoin, j’ajoute “joyeux”. Mais dis donc, Poncho, tu n’as rien remarqué ? »
— « Bah non ? »

Abraham virevolte.
« Kukkokeikuu !!!!!! »                                                     — « Ta gueule Macron »                                                  — « Nom d’un petit lutin, tes fringues, la perruque, tu vas chez Madame Arthur ? »
— « Non, bougre d’âne échappé de La Grange, je rends hommage, comme tous les ans, à une femme, meurtrie à cause de JC ! Tu ne vois pas la ressemblance ? »
— « Bah non, Kazuo Ono rendant hommage à La Argentina ? »
— « T’es con, à Ava Gardner. Et la robe, celle qu’elle portait dans « la comtesse au pieds nus». Elle m’a coutée une blinde. Je suis son portrait tout craché nonn?!.
— « Ça, c’est le cas de le dire. Mais gerbé irait mieux. Et pourquoi, s’il te plaît, mon Abri ? »                                                                                                                                      — C’est tout bête. Suite à une confidence d’Ava à son torero — confidence rapportée par El Cordobes un soir dans les arènes de Nîmes, où pour passer le temps, en compagnie de la belle Marie Sara et Simon Casas, on massacrait quelques taureaux, je me suis promis de la venger.
— La venger, Marie Sara? Mais de quoi, de qui, bon sang ?                                           —  Mais non, Ava!                                                                                                           — oui mais de qui?                                                                                                         — De Jésus.
— Doucement, tu vas nous attirer des ennuis…

Abraham raconte : Ava à douze ans à Grabtown, communauté non constituée, à l’abri des turpitudes, elle y est née un 24 décembre. Ava découvre à l’occasion d’une projection, que ses parents lui ont menti. Toutes les festivités ne célébraient pas son anniversaire, mais celui d’un certain Jésus né le lendemain. Une déception qu’elle aurait portée toute sa vie, jusqu’à son lit de mort. Depuis, chaque 24 décembre, Abraham honore sa mémoire.

— T’es vraiment à la masse. Mais revenons à tes moutons : les lecteurs commencent à s’impatienter. Si tu pouvais aller droit au but…
— Voir un condensé ?
— Non. Pas d’entrechats, un résumé.

« Oh, on se calme, c’est Noël, repos. »


 

episode 3 de la serie si culture: De LUCY au BATACLAN.

épisode 3 matinal cosmique

Résumé express : Abraham Licol, après des mois à ruminer sur le plateau ardéchois, lâche sa théorie folle : la planète, vieille dame de 4,54 milliards d’années, s’ennuie. Fleurs, abeilles, dinosaures… trop facile ! Alors, d’un éclat de rire sidéral, elle invente l’humanité : mission numéro un, tout consommer, et pour la déco, elle nous peint tous en noir. Oui, rien que ça.

☎️                                                                                                                                        « ouais ? »                                                                                                                    —…
— Tu déconnes, t’as vu l’heure ?
— …
— Ça va. J’ai un petit problème : Abri est à la maison depuis trois jours et il tient des propos que j’ai beaucoup de mal à suivre.
— …
— Il me raconte des trucs sur la planète, les zominidés, Lucy… que je ne connais pas. Bref, assez incohérent !
— …
— Tu crois ?
— …                                                                                                                                  — GAGGALAGAGGALAGÓ
— OK, merde !. Macron. À +.

Réveillé par un coq qui hurle comme une Kawasaki, Abraham explose :

C’EST QUOI CE COQ À LA CON ? GAGGALAGAGGALAGÓ ! Mais… d’où il sort, celui-là ?!

Poncho, l’air zen, répond :

— Je l’ai ramené de mon dernier voyage en Islande. Il est resté à l’heure islandaise — faut pas charrier, y a qu’une heure de décalage. Désolé, j’ai pas pensé à le sortir de ta chambre hier soir… faut dire qu’on avait un peu le mal de mer.

— Elle n’a rien à voir là-dedans !
— Qui ?
— Ma mère. Tu veux dire quoi, “ramené” ?

— Je l’ai pas vraiment ramené volontairement. Il s’était planqué dans la cabine de pilotage. Quand il a crié “GAGGALAGAGGALAGÓ”, le pilote est mort. Sans le copilote, on s’explosait la gueule — comme quoi, faut toujours deux pilotes. Alors je l’ai adopté… le coq, pas le copilote. Et je l’ai appelé Macron.

Macron ?! POURQUOI ?!

— Bah, c’est le roi de la basse-cour ! Il chante les deux pieds sur un tas de fumier. Et toi, Abri, si on reprenait nos réflexions…

— En Éthiopie…

— Attends. Je viens de parler avec Fleur de Lotus, de Sainte-Marguerite-Lafigère, qui te fait deux bises. Je lui ai fait part de mon inquiétude quant à tes propos, et elle m’a conseillé de jouer franc jeu avec toi.

— Tu veux jouer à quoi ?
— Au jeu de la vérité. Où veux-tu en venir ?

— Poncho, mon frère, je tiens simplement à ouvrir les yeux du plus grand nombre. Leur faire comprendre que le terrorisme islamique n’est pas analysé correctement quant à son origine. Que les gouvernements l’instrumentalisent pour instaurer des lois liberticides, gonfler les rangs de l’extrême droite et pour protéger le capitalisme mondialisé. Pour ça, faut remonter aux sources. Maintenant, essaye de suivre et file-nous une billouse.                                                                                                            — Déjà ?                                                                                                                          — Bière au petit déjeuner. Mise en bière évitée. Vieux dicton Brehantais..                   —   Brehandais, on dit Brehandais. «                                                                              — « Bon, Brehandais. En Éthiopie, les australopithèques chancelants commencent à tourner en rond. Pas moyen d’avoir un McDo, un Coca-Cola, les manteaux de fourrure coûtent un max, et le football n’existe pas encore. Taper dans un granit rond, ça fait mal. Alors la curiosité s’invite dans les cerveaux naissants et hop ! Une partie part explorer la planète. Pas de voitures, pas de trains… juste leurs pieds et leur cran !      — Tu vas pas me dire qu’ils ont traversé les océans à la nage…                                    — T’es vraiment limité du bulbe. À l’époque, les continents étaient reliés et la mer était 120 mètres plus basse. Alors oui, à pinces, ils ont bougé. L’Europe, les îles Britanniques, le Japon : tout connecté. Même l’Amérique du Nord collée à l’Asie. Pas de nage!                                                                                                                            — Lucy, elle s’est baladée aussi ?                                                                                    — Non ! Lucy, australopithèque, reste sur place. Il faudra attendre Homo erectus pour voir du mouvement.                                                                                                         — Des homos ? Pas de traces de “Das” dans les faux-cils?                                            — Que ne vous assommé-je, Poncho… Pas question d’homosexuels, mais d’Homo erectus : “hommes debout”. Simple, net, efficace.                                                           — Tes homos, c’est un peu des colons, non ?                                                               — Pas du tout ! Là où ils posent leur cul, y a rien à voler, personne à piller. La colonisation viendra des milliers d’années plus tard. Pour l’instant, juste quelques chamailleries pour un bout de bidoche, une femelle (on est loin de #MeToo) ou une grotte. Voilà. Les années passent tranquilles… mais le ver est dans le fruit.

Abraham se redresse, un éclat dans les yeux :

— Allez, y en a marre ! On va à la Passerelle ?

— T’es balaise ! Tu descends du plateau et tu connais déjà la Passerelle ?

— Tu peux pas savoir, Poncho ! Là-haut, ça bouge comme un feu d’artifice. Et là-haut, on adore les sorties !

GAGGALAGAGGALAGÓ

D’ginto

episode 2 de la serie si culture: De LUCY au BATACLAN,

Résumé de l’épisode précédent:

Après avoir bouffé le pigeon voyageur et son message, AbrahamLicol qui vient de passer l’hiver sur le plateau ou il a désespérément cherché Marie Laforêt, vient chez moi boire un coup.

Après neuf bières — diverses, et pas avariées — Dremmwel, Lancelot, Coreff. Après un petit tour en Ardèche avec Java et Ale’Ouët, un rot discret plus tard, Abraham Licol reprend son souffle.                                                                                                        Heureusement, nous ne sommes pas à Erquy, ce petit village cher à Astérix.              En Bretagne, on compte environ 132 brasseries artisanales… ah non, 133. Le temps de terminer cet article, nous serons certainement à 134.

Abraham se lève et, de sa voix de stentor, m’apostrophe :                                             — As-tu déjà vu une reine des termites ?
Qu’est-ce que tu racontes ? Je sors rarement chez les Drags !
Mais non, bougrelas, je te parle de l’insecte.
Bah non, j’ai pas eu l’occasion.
Eh bien tu serais sur le cul. Elle est énorme, grasse, un peu comme la nana dans La Guerre du feu. Elle pond un œuf toutes les trois secondes pendant vingt ans. Et le roi, ce grand nigaud, doit rester à côté pour la pourvoir en spermatofoïdes de temps en temps. Ces foutus bestiaux ont des centaines de millions d’années d’existence. T’imagines, ils en ont des choses à dire. Mon oncle, qui parlait à l’oreille des termites, est mort de rire. Il paraît que les termites sont des rigolos.

Quel est le rapport avec notre réunion ?
Peste, bouffre ! J’y viens, du calme. Je pose la question : quelle est la plus grande catastrophe que la planète ait vécue ? Une billouse, Poncho!.
Les météorites ? L’ère glaciaire ? La fin des dinosaures ? J’en sais rien, moi…
La plus grande catastrophe capable, à travers les siècles, de produire elle-même une catastrophe toutes les trois secondes… c’est, je te le donnes Émile?                      — Poncho, moi c’est Poncho. joker!                                                                                —  Quel con, c’est l’humanité !!!!!                                                                           — ils avaient déja des journaux?                                                                                     — Mais non, je dis c’est la race humaine.

— Pourquoi tu dis ça, ô vénérable Abraham ?
— Attends. Tu sais où ça s’est produit, cette connerie, il y a au moins sept millions d’années ? Lucy, cette gamine, elle n’a que 3,2 millions d’années et elle est toute flétrie. Pour voir Lucy, premier musée à gauche dans ADDIS-ABEBA.
—  Adis fait des logements sociaux en Ethiopie?
— Mais non je te parles de  la  capitale de l’Éthiopie , alors ça s’est produit ou ?               — encore joker!                                                                                                               
— En plein Alkebulan.
— C’est quoi encore ce truc ?
— Estafier de mes deux ! C’est le nom que donnaient les autochtones à l’Afrique. Éthiopie, Tanzanie, comme on dit aujourd’hui. Tu sais comment on appelait l’Europe ?  L’Asie Mineure, voilà de quoi déplaire a ZE…….Désolé, il y a des noms qu je ne peux citer de peur de gerber.  Un caillou dans la chaussure des fachos qui ont horreur de la préhistoire, on descend tous des Noirs. Et malgré l’immense diversité africaine, seulement 60 000 individus se sont échappés pour migrer hors d’Afrique. Bonjour la consanguinité. Consanguins et noirs!

— Pourquoi tu dis que c’est une catastrophe ?
— Sabre à finances ! Parce que, par le grand bâton à merde, l’humanité ne fait que bouffer, extraire et utiliser les constituants de la planète sans jamais les remplacer. Et au bout de la planète, il y a un mur qu’on va se prendre en pleine gueule. “Tuclic, voisclic”, comme disait Xi en jetant sa bouteille de Coca au bout de la Terre.

Putain, t’es pessimiste, toi.
Attends, c’est pas fini. L’humanité n’est pas tombée du ciel. C’est la planète elle-même qui l’a créée.
Dans quel but ?
Elle doit se fendre la gueule. “Vas-y, mon colon, détruis, détruis… tu te détruis toi-même.”

Si je te résume :

La planète, vieille dame de 4,54 milliards d’années, s’ennuie. Les fleurs, les abeilles, les dinosaures, ça va un moment, mais on se lasse, c’est planétain. Alors, dans un éclat de rire planétaire, elle invente l’humanité, ne lui laissant qu’une seule option : tout consommer et pour faire bonne mesure, elle nous peint tous en noir.

 

Suite au prochain épisode.

L’onglet suivant est réservé à ceux que j’énerve et à tous les traders du monde,pas uniquement ceux de Milan.

toi toi mon doigt

D’ginto.

 

Joyeux Noel ?

Je me suis fair griller par Gérard Mordillat, je me préparai a vous souhaiter un Noël Triste, il m’ a devancé et je vous conseille d’écouter (si ça passe),

noel triste

Je me replie vers un texte léger pour vous souhaiter une fin d’année pas trop pourrie, localement.

 

 

Un critique littéraire célèbre, manifestement de l’école Julia Kristeva et dont je tairai le nom, m’interpelle :
« Votre style, les sujets que vous traitez sont typiques de la schizophrénie. Dans quel grand mouvement littéraire pensez-vous vous inscrire ? »
« Bonjour. »
« Bonjour. »
« Je n’ai jamais eu ma carte dans quelque organisme que ce soit ; si bien sûr j’exclus tout ce que la société me présente à tort comme obligatoire — carte Vitale, carte d’identité nationale — ce n’est pas aujourd’hui que je vais m’inscrire. »
« Non, je veux dire : dans quel mouvement littéraire vous reconnaissez-vous ? »
« Eh bien alors dites-le ! Je serais enclin à me rapprocher du Collège de ’Pataphysique, et encore… non. Pour être plus précis, je pense que je fais partie du grand mouvement de la série-culture. »
« Vous élevez des vers à soie ? »

« Voilà bien le problème avec les critiques littéraires, vous avez les yeux littéraires, pas les oreilles.
Mon pauvre ami, vous confondez avec la sériciculture. Vos ancêtres sont-ils ardéchois ? La série-culture est un mouvement qui se démarque, qui ne se limite pas à la production de vers à soi, mais également de romans boiteux, de nouvelles pas fraîches, d’œuvres philosophiques — attention quand même, pas genre Eintoven. »

« En fait, il y a plusieurs branches dans notre mouvement, comme par exemple la branche tennistique, qui pratique le revers à soi, exercice fondamental consistant à se renvoyer ses propres contradictions.
Il existe aussi la branche de l’école du regretté Rémy Chauvin, spécialisée dans l’élevage de vers à soi, peu productifs, souvent dépressifs. Il y a encore une branche maghrébine qui se réclame des vers solitaires. Une autre branche, plus académique, se consacre à l’étude des univers pervers, où tout discours sérieux finit par se retourner contre lui-même, ce qui, vous en conviendrez, est un divers phénomène( et dix vers c’est beaucoup), loin d’être rare.
Enfin, la branche la plus radicale — et la plus mal vue — tse ellec sed sniavircé ed srevrat, qui écrivent à l’envers, pensent de travers et considèrent que toute tentative de classement relève déjà d’une pathologie administrative non viable.
Une branche plus technique, dans laquelle se regroupent ceux qui ont la fibre de vers, chère à mon père. »                                                                                                          « Vous trouvez ça cher ? »
« Comme je disais, Je vois que vous n’avez pas l’oreille littéraire… je veux dire précieuse. »
« Une écriture précieuse ? Les écrivains qui pratiquent la fibre de vers sont guindés ? »
« Non ! Une écriture précieuse, au sens guindé, est une écriture artificiellement recherchée, excessivement élégante ou sophistiquée, qui multiplie les mots rares, les tournures compliquées et les effets de style, parfois au détriment de la clarté et de la simplicité. T’as compris ? J’essaie de vous dire que mon père était adepte de la fibre de vers. »
« Il faisait partie d’une secte ? »
« Non, bougre d’âne (je vais me le farcir, le petit asticot) — Jean Yanne.
Et puis merde, si nous revenions à nos moutons : une branche en plein développement est la branche d’Anvers, qui ne s’exprime qu’en prose et qui fait ressembler Timothy Leary à un enfant de chœur. »

« Il va falloir que je relise mes notes, je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. »
« Ne vous inquiétez pas, nous avons l’habitude, et notre mouvement se contrefout, envers et contre tous, du moule dans lequel le capitalisme mondialisé essaie de nous enfermer. »
« Encore cette histoire de capitalisme ! »
« Oui, et à ce sujet, je vous recommande ma série De Lucy au Bataclan, qui peut-être pourra éclairer votre lanterne. »

D’Ginto.

De Lucy au Bataclan

Premier épisode :

C’est avec un plaisir non dissimulé, et dix simulés c’est beaucoup, que je retrouve Abraham Licol.

 

Après une retraite méditative sur le plateau ardéchois — où il a découvert que le fameux plateau nordique n’était que poudre aux yeux, privé de neige et cruel pour les pieds gelés. Exilé des cimes il quitte les camping-cars du Mont Gerber des Joncs,.

cherchez l’erreur

Il redescend désormais dans les vallées rieuses et profondes, ces veines du monde qui font rêver les troupeaux de bipèdes en transhumance, bercés par le murmure des Cévennes estivales.

Du temps ou vivaient encore Jarlut père et fils, quand je les ai rencontré, en1974, il tombait dans la saison onze mètres de neige. Ceci comprend bien sûr les quantités tombées dans nos têtes. Mais aujourd’hui, sans les foutu canons à neige, on pratiquerait le ski herbeux.

Les foutus canons à neige ? Oui monsieur, utilisés pour produire de la neige artificielle sur les pistes de ski ils ont des inconvénients. Voici les principaux

Les canons à neige nécessitent de grandes quantités d’eau pour fonctionner. Dans certaines régions, cela peut affecter les ressources locales, surtout en période de sécheresse.

Ils consomment beaucoup d’électricité ou de carburant pour produire et propulser la neige. Cela contribue à l’empreinte carbone de la station de ski

La neige artificielle contient parfois des additifs et, surtout, sa production modifie les sols et la végétation. Cela peut perturber la faune locale et les écosystèmes de montagne

L’installation et le fonctionnement des canons à neige sont très coûteux. Cela peut augmenter le prix des forfaits ou nécessiter des subventions importantes.

La neige artificielle est plus dure et plus granuleuse que la neige naturelle, ce qui peut changer l’expérience du ski et augmenter le risque de blessures.

Les canons à neige fonctionnent mieux lorsque la température est suffisamment basse et que l’humidité est adaptée. Parfois, ils ne peuvent pas produire de neige malgré la demande.

Michel, soucieux d’abord de la vie, de la planète, moniteur de ski Alpin, pestait contre ces engins,

Bon on se calme voilà une fois plus que je diverge, et dix verges c’est beaucoup.

J’ai retrouvé Abraham sur son rocher mais hélas la chasse était ouverte et nous avons du ramper jusqu’au hangar à chevaux, ou les pauvres bêtes, paniquées tremblaient de peur.

— « Bonjour Abraham, comment te sens-tu ? »
— « Je pue la sueur de trouille, et tous ces coups de feu me rappellent trop l’extermination des bisons par les troupes du généra… »
— « D’accord, Abraham, mais revenons au sujet qui m’intéresse. quand tu bivouaquais à Lachapelle-graillouse, je t’ai envoyé  le thème de notre rencontre.                              « Je n’ai rien reçu ».                                                                                                                » je te l’ai envoyé par pigeon voyageur »                                                                  « merde c’est ça la bague que j’ai chiée, il disait quoi ton pigeon »

 » Jérôme Savary intitulerait mon récit, ‘De Lucy à nos jours’, ou encore “De Lucy aux massacres de B.B. »                                                                                                             « Brigitte Bardot  ? « .                                                                                                             « Mais non, Bataclan.Bondi ».
« Oui camarade, parlons-en ! T’as une Gwin ? »
« Oh là, tu parles pas de ma femme comme ça ! »
« Mais non, ducon, je veux dire une billouse ! »
« T’es Breton ? »
« Non. »
« Bon alors, comme ils disent là-bas, “pas de blabla, des résultats”. IPA ou blonde ? »
« IPA, t’as une Dremmwel ? »
« Bravo, tu m’as niqué. »
« Il faut que je t’avoue quelque chose : mon ancêtre est parti de Lamballe en même temps que Pinochet. »!

Suite au prochain numéro.

Toute incohérence historique sera compréhensible mais non répréhensible, vu que je raconte ce que je veux. La vérité hystérique m’importe peu et la liberté des pressions c’est pas fait pour le chiens (Berthe Bérurier)

L’onglet suivant est réservé à ceux que j’énerve et à tous les traders du monde,pas uniquement ceux de Milan.

toi toi mon doigt

D’Ginto