Le ton est donné. Et ce ton, c’est pas bon.
Nous pensions avoir tout vu, et bien non, nous venons d’assister à une conclusion des élections municipales à Lablachère des plus fantaisistes.
Commençons par la fin de règne de Monsieur Laporte, qui clôt son mandat en révélant une nouvelle facette de sa personnalité, en tant que premier magistrat encore en fonction. Après les élections, et avant l’installation de la nouvelle assemblée, il publie un court message sur le site de la mairie pour remercier les citoyens et les électeurs qui lui ont fait confiance durant ses mandats.
Mais en retirant sa liste au second tour, il leur a surtout témoigné son mépris. Son seul moteur semble avoir été la satisfaction de son ego.
Tel un Triboulet moderne du conseil municipal, il prête à sourire lorsqu’il affirme avoir refusé la fusion avec la liste EGAL à cause d’un courrier que je lui aurais adressé. (Il ignore peut-être que des informations circulent au sein même de sa liste, et que le déroulé de cette soirée est parfaitement connu.
La réalité est simple : c’est lui, qui a œuvrer pour retirer « sa liste ». « Si vous maintenez la liste, ce sera sans moi ». Stratégie habile en apparence, puisqu’il savait pertinemment que la seule manière de poursuivre et d’acter son remplacement était une fusion qu’il avait fait refuser pas les candidats présents(nombreux).
Le texte que j’ai adressé à Monsieur Laporte ainsi qu’à Corinne Larcher, cheffe de file de la liste EGAL, allait dans ce sens. Je ne cache pas que son écriture m’a été particulièrement pénible, et comme disait mon grand-père, ‘Ça m’fait mal au cul’. (ICI) Mais faire barrage à la liste AGIR me semblait indispensable, tant sa profession de foi est indigente et inquiétante pour l’avenir de la politique communale, sans parler des rumeurs de proximités douteuses qui circulaient.
Une question demeure : pourquoi, avant l’édition des bulletins de vote, un changement de tête de liste de Vigouroux à Demaria ? Et pourquoi reléguer Vigouroux en onzième position, à l’écart de toute responsabilité communautaire ?
Par ses choix, Monsieur Laporte a offert la communauté de communes à la droite, faisant entrer le loup dans la bergerie(Hélène Grimaud m’interpelle, oui, je sais que c’est pas gentil pour les loups, mais je ne connais pas d’autre expression, ‘ouvre la porte au danger, si tu veux’). La suite se jouera à Rosières.
Il a ensuite démontré un profond mépris pour la République et ses usages. D’après Monsieur Demaria, tête de liste AGIR, aucun contact avec lui n’a eu lieu entre le 22 et le 27, entre la validation des résultats et l’installation du nouveau conseil. Plus encore, celui qui devait présider la séance d’investiture ne s’est pas présenté. C’est son droit, certes, mais quel mépris pour le protocole, la démocratie, pour les institutions, et pour les électeurs.
La boucle est bouclée. Nous ne le regretterons pas, et nous le remercions presque d’avoir maintenu la commune dans un état de survie, se limitant au strict minimum ou presque.
La séance d’investiture s’est déroulée dans des conditions particulièrement préoccupantes, révélant des manquements notables : insuffisances organisationnelles, non-respect du protocole, propos inappropriés, irrégularités dans l’application des règles et abus de pouvoir. Par ailleurs, le procès-verbal n’a pas été signé par le maire, absent(nous dit-on aux sports d’hiver, et c’est son droit.)
En conséquence, j’ai saisi le maire par écrit afin de porter à sa connaissance, de manière étayée, ces différents dysfonctionnements affectant la mise en place de la nouvelle assemblée majoritaire.
Ce procès-verbal est un scandale(à prononcer à la Georges Marchais). Il ne reflète ni le déroulement réel de la séance, ni les débats, ni les interventions. Il ne remplit pas son rôle.
On a entendu ça et là qu’il fallait avoir un peu d’indulgence, le maire encore en place étant absent. Argument irrecevable, l’intervention du maire en place, président de séance éphémère, ouvre la séance, procède à l’appel, constate le quorum, cède la place au doyen des nouveaux élus et disparait.
On aurait pu imaginer que le candidat à la magistrature suprême de la municipalité eût pu se préparer et, en un clic, avoir le déroulement exact de la soirée ; seuls les écarts des élus de la majorité n’y auraient pas figuré.
Le procès-verbal d’un conseil municipal est un document officiel strictement encadré par le Code général des collectivités territoriales (notamment les articles L.2121-15 et suivants). Il doit garantir la transparence de la vie publique locale et retracer fidèlement les débats.
En ce qui me concerne, selon les suites que le maire donnera à cette situation, je me rapprocherai du préfet ou pas.
La liste AGIR a donné le ton de cette mandature.
Et ce ton c’est pas bon.
D‘Ginto