Miracle ! Les spécialistes, les esperts de l’audiovisuel recouvrent soudain la vue et l’ouïe.

 

…..étaient-ils mal entendants, mal voyants ou sont-ils de petits néofascistes à la botte des milliardaires, du capitalisme, de la finance. Les grands animateurs, experts de tous poils, sondeurs, commencent à faire dans leur froc : leurs discours, leur intox, changent, leur hivernage est-il terminé, c’est le moment de trouver de l’ail des ours.

Soudain, ils découvrent que LFI a un programme. (En passant, ils ne disent plus le programme de Mélenchon, mais celui de LFI.) Notons qu’à chaque fois qu’ils parlent du programme de LFI, ils s’empressent de parler du programme du RN.

Ils sont passés de ‘Mélenchon, antisémite, à la tête d’un mouvement d’extrême gauche, islamo-gauchiste, soutien du Hamas’ à « Monsieur Mélenchon ».

Le résumé de ces petits esprits, « La plupart des candidats déclarés sont dans la posture, les bilans, les généralités, les discours politiques classiques, mais ce n’est plus ce qu’attendent les Français, ils attendent un programme. LFI et le RN sont les seuls à afficher un programme », cache le message subliminal que j’évoquais récemment,  « attention français-es, c’est ce que vous risquez d’avoir au deuxième tour si vous ne votez pas Edouard Philippe ».

Pour bien fixer les esprits de ces rétrécis du bulbe, ces « journalistes », animateurs, sondeurs et experts de pacotille, je vais tenter de proposer le cheminement qui a conduit à LFI à sa création, et à son programme.

Les grandes étapes :

  • Le PRS, Pour la République Sociale, est lancé par Mélenchon en mai — encore ! — 2004, alors qu’il est encore au PS, afin de replacer les valeurs républicaines et la gauche sociale au cœur du débat et de s’opposer au tournant libéral du PS.
  • En 2005, le PRS anime une campagne pour le Non au référendum.
  • La bande à Mélenchon quitte le PS en 2008 et, en 2009, le PRS se dissout pour participer à la fondation du Parti de Gauche, notamment avec François Delapierre, son ami et futur délégué général du PG.
  • En 2012, c’est la sortie du programme L’Humain d’abord, programme du Front de gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon. Le Front de gauche réunit alors notamment le PCF, le Parti de gauche et la Gauche unitaire.

Et c’est déjà dans L’Humain d’abord que figure noir sur blanc la volonté de convoquer une Assemblée constituante pour fonder une VIe République. La Sixième République n’est donc pas une idée apparue récemment : elle est inscrite dans le programme dès 2012.

La suite, c’est la rédaction, à partir du programme L’Humain d’abord, du programme L’Avenir en commun, en 2016, avec la création de La France insoumise en février 2016.

C’est donc une construction lente, une évolution réfléchie, de 2004 à 2016. Ce n’est pas vraiment une révolution, comme les petits esprits le suggèrent, c’est un choix de mode de vie, qui s’appuie sur, la participation citoyenne, le partage équitable des responsabilités, des richesses, sur l’état, ses représentants, ses législateurs, responsables de leurs actes, devant les citoyens, la justice.

La mise au point du programme

  • L’Humain d’abord (2012)
  • L’Avenir en commun (2016-2017)

Février 2016 : lancement du travail programmatique.

La plateforme de la campagne recueille environ 3 000 contributions individuelles.

Des auditions sont organisées auprès d’universitaires, d’experts, de syndicalistes, de professionnels et des organisations politiques qui soutiennent la démarche. Une première série compte 16 auditions d’experts.

Ces contributions et auditions servent à réécrire et enrichir L’Humain d’abord. Une première rédaction est ensuite soumise à discussion.

À l’automne 2016, le texte est soumis pour consolidation aux personnes ayant soutenu la candidature de Mélenchon.

La version consolidée est ensuite présentée à la Convention de Lille des 15 et 16 octobre 2016. Plus de 77 000 personnes approuvent alors son contenu.

Publication du programme définitif en livre chez Le Seuil, le 1er décembre 2016, sous le titre L’Avenir en commun – Le programme de la France insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon.

L’Avenir en commun actualisé (2020)

Son partage, son utilisation :

L’Avenir en commun 2022 / Union populaire

En 2022, le texte sert également de base au programme partagé de la NUPES .

En 2024, au programme commun du Nouveau Front populaire.

En 2025, L’Avenir en commun devient le programme de la Nouvelle France. La version 2025 est explicitement présentée comme « le programme de la Nouvelle France » et conserve notamment la proposition de réunir une Assemblée constituante pour passer à la VIe République.

Alors, bande de rétrécis, où étiez-vous en 2012, 2016, 2017, 2020, 2022, 2024, en 2025 et jusqu’à hier ?

Vous avez raison d’avoir les jetons, car si la gauche gagne, aucun cadeau ne sera fait aux larbins. Quand je parle de gauche, je parle de cette gauche qui, en compagnie de LFI,  présentera un·e candidat·e de la Sixième République, initiateur d’une Assemblée constituante.

Je garde quand même l’espoir que les derniers vrais citoyens de gauche, vont réagir et envoyer bouler leurs leaders, simplement accrochés comme des moules sur un rocher, et comprendre qu’être les artisans de la victoire de Philippe ou du RN, restera une tache indélébile. La primaire annoncée, Faure Glucksmann quelle misère.

‘Le sage a honte de ses défauts (pas eux) mais n’a pas honte de s’en corriger (espoir)’ Confucius

Ceci étant dit, je reste sur ma faim après la pantomime du débat organisé par le Medef et LCI. Certes  Mélenchon est resté clair et ferme face aux patrons, mais jamais il n’a prononcé « Sixième République » ou « Assemblée constituante ». 

Jean-Luc, tu n’aurais pas dû répondre aux patrons, mais parler aux téléspectateurs, faire acte de désobéissance face à ceux qui n’ont qu’un souhait : voir la Marine au pouvoir, la fin de notre modèle social, la victoire totale du capitalisme et des milliardaires. Il faut secouer le cocotier, réveiller les citoyens, quitte à les choquer.

Tu as déjà montré que ‘Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles’ (Cocteau)

Tu me diras, vu l’heure de ce show, peu de la population des travailleurs  pouvaient le regarder et l’entendre.

J’en profite pour dire un grand bravo aux chaînes publiques — vous savez, ces chaînes indépendantes des milliardaires — qui laissent au privé le soin de démarrer la campagne et quelle campagne !

Monsieur Cyclopède dirait : « Étonnant, non ? »

D’Ginto Nick.

 

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