les animaux malades de la Poste.

 

Certainement issus des rangs des écoles de commerce, formatrices de bons et loyaux serviteurs du christianisme pour certaines et du capitalisme pour toutes, les gestionnaires de La Poste affichent enfin leurs objectifs concernant les bureaux de poste.

Pour ce qui nous concerne directement et si, égoïstement, nous nous contentons de la CDC Beaume-Drobie, l’objet est la suppression, d’ici fin 2027, des bureaux de poste de Valgorge et de Lablachère ! En contrepartie, l’arnaque des agences postales communales.

J’ai personnellement alerté la municipalité de Lablachère pendant mon très court passage en tant que conseiller municipal en 2017, sous la mandature Tourel/Laporte, avec un dossier complet de résistance aux méthodes de La Poste, préparatoires à la tentative, déjà programmée, de supprimer le bureau de poste de Lablachère.

Dossier resté dans les oubliettes avec ceux du Grand Débat organisé par le petit Macron.

Je dois avouer que je n’ai pas réussi à amener le collectif E.G.A.L. à s’intéresser au problème de La Poste, sous la mandature Laporte.

La Vieille Dame

Et oui, je vous parle d’un temps que les jeunes de vingt ans ne peuvent pas connaître.

La Vieille Dame, c’était le nom donné à La Poste par ses employés et par le public, respectueusement, vu son grand âge.

Je vous la fais courte : elle démarre en 1477 entre les mains du roi Louis XI pour porter les messages royaux, devient un service public respecté pour terminer aujourd’hui, comme le reste, entre les mains de capitalistes avides dont le maître mot est rentabilité.

Nous savons tous ce que cela veut dire : exploitation du personnel, privatisation, suppression des secteurs non rentables.

La Poste a connu les chevaux, les relais de poste, dont l’un d’entre eux est resté célèbre, celui de Varennes, que Louis XVI n’atteindra jamais, arrêté qu’il fut avec sa famille, après que la reine fut reconnue par Jean-Baptiste Drouet, maître de poste de Sainte-Menehould.

La Poste a connu les trains postaux, avec ses ambulants ; elle a connu l’aéropostale, le receveur des postes, des fois aussi important que le maire, le curé, l’instituteur et le médecin dans les petits villages.

La poste a connu Jacques Tati, le facteur Cheval.

La Poste fut un élément essentiel, comme les employés des lignes EDF et de l’eau, d’un réseau social informel.

Le facteur s’arrêtait là pour prendre des nouvelles du papé, même sans courrier ; s’arrêtait ici pour apporter des médicaments, ou encore pour boire un coup ou manger dans une famille.

Dans le cas de catas climatiques, le facteur était toujours là pour s’inquiéter des citoyens de son secteur.

Chez moi, à Sanilhac à l’époque, le célèbre Bébert rentrait jusque dans ma chambre où j’étais avec ma compagne, en criant : « Il fait beau, hein ! », qu’il pleuve ou qu’il vente.

« Monsieur Levecque, pas loin de l’église. » Une lettre, même libellée de façon énigmatique, pouvait arriver.

« On n’attend pas le facteur pour le facteur, on l’attend pour ce qu’il apporte. Et pourtant, quand il ne vient pas, c’est lui qui nous manque. »

Tout ça, terminé. Le moindre service, dans le temps informel et gratuit, est aujourd’hui payant. Les tournées étant ce qu’elles sont, les préposé·es n’ont pas le temps et, curieusement, dès qu’ils deviennent un peu familiers, disparaissent ailleurs.

Bref, la Vieille Dame est comme la Cinquième République, moribonde.

Mais ce n’est pas une raison pour, une fois de plus, arnaquer les citoyens.

Le bureau de poste, un élément du territoire

Un bureau de poste n’est pas un bâtiment posé au hasard.

Un travail exemplaire fût réalisé par La Poste, et oui, tout arrive : c’est celui des codes postaux.

La Poste aurait pu se contenter du code INSEE des communes, créé en 1943. Que nenni ! La Poste a codifié les communes, à l’intérieur du département, en fonction des populations et des problèmes de mobilité, facilitant ainsi la distribution du courrier et l’accès des usagers aux services postaux.

Ainsi, si nous regardons la CDC Beaume-Drobie, elle est constituée par des villages sous trois codes postaux :

07230

07260

07110

Le total de la population à l’époque où j’ai monté le dossier est de 10 655 citoyens.

4 137 pour 07230.

4 040 pour 07260.

J’ai retiré Rosières du 07260, sachant que ce village, 1 330 habitants, a un bureau de poste, un centre de tri…

Je laisse de côté le 07110, 1 148 habitants, partagé entre la CDC Beaume-Drobie et Val de Ligne.

Il faut noter que Joyeuse est à 3 km de Rosières, que Joyeuse périclite, suite à l’implantation de la zone commerciale et artisanale de Rosières, et que Joyeuse est à 3,3 km de Lablachère, que Lablachere se dynamise lentement et chose notable, sans l’aide jusqu’à hier de la municipalité.

Si donc nous tenons compte de la mobilité, de la population, de la dynamique des communes, le bureau de poste à privilégier est celui du 07230, c’est-à-dire Lablachère.

On peut ajouter que la population de ces deux villages est également éclairante : Lablachère, INSEE 2 193 habitants, et Joyeuse, 1 811.

Pourquoi Lablachère plutôt que Joyeuse ?

Les méthodes de La Poste étaient, à l’époque, des plus détestables : fermeture intempestive, déplacement de personnel, horaires et jours changeants, refus d’installer un DAB, suppression de la présence des conseillers postaux.

Le résultat fut une désaffection du bureau au profit de celui de Joyeuse.

Étonnant, non ?

Aujourd’hui, je ne souhaite pas la fermeture du bureau de Joyeuse.

Mais qu’est-ce qui peut conduire La Poste à proposer de supprimer le bureau de Lablachère plutôt que celui de Joyeuse, à part la politique des maires de ces deux communes ?

Il me semble donc impératif que le conseil municipal se mobilise pour conserver son bureau. Un beau challenge pour notre conseil,

Et les agences postales ?

Je ne vous parle pas des agences postales, que La Poste ose encore comptabiliser dans ses effectifs publicitaires.

Je laisse le soin aux élus de voir les avantages et les inconvénients d’une agence postale en étudiant notamment :

  • continuité du service public ;
  • formation du personnel ;
  • horaires ;
  • pérennité ;
  • personnel ;
  • répartition des coûts sur les communes rattachées ;
  • gestion quotidienne ;
  • coût pour la commune ;
  • services postaux et services bancaires ;
  • présence locale ;
  • souplesse ;
  • attractivité du centre-village.

En regardant ce que la prime offerte par La Poste permet de rémunérer comme personnel.

En tenant compte également de la perte du loyer que doit payer actuellement La Poste (à vérifier).

Il faut aussi tenir compte de la présence d’Orange dans le bâtiment de la Poste.

Je profite de la présente pour lancer une autre alerte, que j’ai déjà tenté sans succès avec E.G.A.L, la fusion de communes, que Joyeuse va certainement promouvoir avec un trio Joyeuse Rosière Lablachère, qui à mes yeux est une catastrophe pour les petites communes de la CDC, une fois de plus, je suis pour une fusion, si besoin est, mais géographique, humaine, basée une fois de plus sur les codes postaux.

Une commune Lablachere et le 07230,

une commune joyeuse et le 07260

une commune Rosières.

Une commune Valgorge et une partie du 07110. cette commune pourrait également être rattachée à la CDC Val de Ligne

D’Ginto Nick Pâta Meir.