Vous aurez certainement remarqué, que je ne suis pas l’émule du pape.
Recevoir des insultes et des injures à la suite de mon article m’étonne moyennement : certains CC (Catho Crétins) ont le plafond si bas !
Cela m’autorise et me permet d’enfoncer un peu plus les clous si chers aux cathos, et de m’exprimer un peu plus sur le sujet.
1 — Dieu
Dieu est une manipulation magnifique, au service des puissants évoluant à travers les siècles, mais avec un point immuable : prendre les gens pour des cons.
Si je m’élève contre cet avatar, c’est que, pour que Dieu existe, il faut y croire. Quand je rentre dans un mur sans le voir, je n’ai pas besoin d’y croire : j’ai une bosse.
2 — Lesdits commandements
Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout.
Ton père, ta mère, tes frères et tes sœurs, ton prochain, ils attendront.
Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain.
Tu feras le 15 ou le 18, c’est plus sûr.
Tu sanctifieras le jour du Seigneur.
Certains avec le vin de messe, d’autres avec un p’tit blanc.
Tu honoreras ton père et ta mère.
Pour « les enfants du silence », c’est un peu compliqué : leur mère, mariée à Dieu (qui n’est jamais là), le père, l’amant de leur mère, un curé violeur consacré et muté dans des contrées lointaines. Dieu adopte-t-il ses enfants ? Les reconnaît-il ?
Tu ne tueras point.
Là, je pouffe.
Il est difficile d’estimer le nombre de gens tués au nom de la foi, mais la fourchette haute serait d’environ 200 millions. Heureusement, sinon on serait combien sur Terre ? (Sans compter les guerres au nom de la finance ou de la propriété.)
Les cinq derniers commandements font partie d’un même colis complètement dévoyé.
Tu ne commettras pas d’impureté.
Tu ne voleras point.
Tu ne mentiras pas.
Tu ne désireras pas injustement le conjoint de ton prochain.
Tu ne convoiteras pas injustement le bien des autres.
Devinette : quels sont ceux desdits commandements qui sont suivis ?
3 — L’Église
L’Église, ensemble des croyants, est une institution qui bafoue ses propres commandements et qui se place en dehors de la justice des hommes, masquant ainsi ses déviances, ses crimes.
Le secret de la confession est une des plus belles inventions qui permettent de passer l’éponge sur toutes les saloperies perpétrées. L’immunité diplomatique, parlementaire, présidentielle sont des plaisanteries à côté de l’immunité de l’Église.
4 — Les crimes
1956
Cette année-là, j’ai ramassé pas mal.
Mon père m’avait emmené voir Nuit et Brouillard et, peu de temps après, arrive l’histoire d’un curé bourreau que mon père commente. Aucun rapport, sauf que ces événements furent très formateurs.
J’en profite pour citer un autre événement formateur dont j’ai peut-être déjà parlé.
Nous sommes, les Levecque, un jour de premier mai, je ne me souviens plus duquel, au croisement du faubourg Saint-Antoine et de Ledru-Rollin.
Nous assistons à un défilé tranquille, celui de la « fête des travailleurs », pas du travail, comme l’a renommée Pétain.
Il y a là des gardes à cheval. L’un d’eux s’approche de mon père et lui dit :
« Vous feriez mieux de vous abriter là-bas avec votre femme et vos enfants », en montrant un vestige de la guerre où est inscrit « Abri ».
« Pourquoi ? », lui dit mon daron.
« Parce que les immigrés vont arriver. »
« Et alors ? », dit mon père.
« Alors, ça va barder. »
Et là, je me souviens de mon père disant : « On ne bouge pas », et nous emmenant au milieu du défilé au moment où arrivent les immigrés.
À l’époque, c’est un mot nouveau pour moi.
Et effectivement, ça tabasse dans tous les coins, mais nous sommes épargnés et nous nous planquons.
J’ai entendu parler des coupe-jarrets pour la première fois, sans en voir.
Bref, j’ai encore le souvenir exemplaire de l’affaire de l’abbé d’Uruffe, que l’Église n’a pas eu le temps de cacher, la pression des villageois étant importante.
J’ai douze ans.
Ce brave curé, habitué à coucher avec ses paroissiennes, sera une première fois soutenu par un évêque, alors qu’il a mis enceinte une jeune femme et l’a persuadée d’accoucher discrètement et d’abandonner l’enfant.
Sa dernière mutation — on le cache plus loin — est à Uruffe.
Et c’est, à mon souvenir, là qu’il tue une jeune fille de 19 ans, mineure, enceinte de ses œuvres, qui refuse d’avorter, sur le point d’accoucher. J’entends d’ici un CC dire : « Mineure ? À 19 ans, mineure ? » Et la réponse : « Connard, la majorité est à 21 ans en 1956 » !
Ce brave curé aura tenté en vain, mais le village n’y croit pas, de jeter la responsabilité sur un jeune du village parti mater la « guerre civile » en Algérie. Certains disent « la guerre d’Algérie », mais l’Algérie est française, comment se faire la guerre à soi-même ? Mais ça passe mieux que « guerre civile ».
Paniqué, le brave curé tue sa maîtresse à coups de revolver, lui ouvre le ventre avec son Opinel n° 8, extrait le bébé vivant, une petite fille, et, en bon curé qu’il est, il la baptise, lui évitant ainsi les limbes, la tue à coups de couteau. Il la défigure pour effacer toute trace de ressemblance.
À l’époque, la rumeur publique disait que ce bon curé avait rempli le ventre de la jeune femme avec des pierres. Ceci n’a jamais été attesté.
(« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »)
Le mec est jugé, reconnu coupable de tous les faits et échappe à la mort grâce à des circonstances atténuantes. (Lesquelles ?)
Ceci dit, je suis fidèle au 5e commandement : je suis contre la peine de mort. Encore que, chez les croyants, ce soit moins grave : ils ont la vie éternelle.
Voilà pour le souvenir, mais l’affaire ne s’arrête pas là.
L’épitaphe d’origine sur la tombe des victimes rappelées par Dieu auprès de lui — merci, saigneur — était :
« Ici repose Fays Régine, tuée par le curé de la paroisse à l’âge de 19 ans. »
L’Église fait des pieds et des mains pour faire supprimer cette épitaphe, qui sera une première fois amputée de la mention du curé, puis disparaîtra complètement.
Les crimes imputables à l’Église sont innombrables.
En France, 216 000 personnes ont été victimes d’agressions et de violences sexuelles commises par des clercs ou des religieux catholiques alors qu’elles étaient mineures, entre 1950 et 2020. C’est l’estimation de la CIASE, présidée par Jean-Marc Sauvé, à la suite d’une étude diligentée par l’INSERM.
« L’Église catholique est, après les cercles familiaux ou amicaux (5,7 %), le milieu où la prévalence des agressions (0,82 %) est significativement la plus élevée. »
Alors, mesdames et messieurs mes détracteurs, continuez à manifester avec Ludovine de La Rochère ou Frigide Barjot, mais ne me faites pas chier.
D’Ginto Nick Pa Thamere (Supérieure)