Pour Lola et ses ami-es.

JEUNES : NE VOUS LAISSEZ PAS INFANTILISER, ENCORE MOINS MANIPULER !

Entendons-les, écoutons-les, soutenons-les !

Mais de grâce, arrêtez de prendre les jeunes collégiens et lycéens pour des incapables qu’il faudrait assister, encadrer, guider, voire tenir par la main ! Ils n’ont pas besoin d’aidants, ils ont besoin de soutiens, de témoins, d’accompagnants. La nuance est de taille !

Ils sont magnifiques, ces jeunes ! Leur enthousiasme, leur énergie, leur joie de vivre, leur colère aussi, sont autant de raisons d’espérer. Mais, pour ce qui me concerne, je les trouve encore trop peu politisés. Et ce n’est certainement pas en les infantilisant qu’on les aidera à prendre conscience de leur force !

Autre chose me hérisse : les entendre se défendre d’être instrumentalisés, reprenant ainsi, parfois sans même s’en rendre compte, le vocabulaire de ceux qui cherchent précisément à les discréditer : les suppôts de Macron et de sa clique !

Qui instrumentalise qui ? Et au profit de qui ? Voilà les vraies questions !

LFI a non seulement le droit, mais le devoir de s’intéresser aux jeunes, même si elle s’y prend peut-être un peu tard. La CGT aussi a toute légitimité pour les soutenir. Que ces soutiens soient tardifs, parfois maladroits, voire teintés de tentations récupératrices, c’est une chose. Mais faut-il pour autant rejeter ceux qui viennent vous épauler ?

Ne confondez pas le soutien avec la manipulation ! Et surtout, ne faites pas le travail de ceux qui veulent vous isoler, vous décrédibiliser et vous couper de toute solidarité politique et syndicale !

Jeunes gens, méfiez-vous du vocabulaire qu’on vous met dans la bouche ! Les néofascistes, eux, savent parfaitement ce qu’ils font lorsqu’ils tentent de vous instrumentaliser. Ils voudraient vous voir seuls, sans relais, sans organisation, sans force collective. Ne leur faites pas ce cadeau !

Alors, vivez ! Gueulez ! Manifestez ! Exprimez vos colères, vos espoirs, vos revendications ! Vous avez montré votre enthousiasme, votre joie de vivre, mais aussi vos difficultés et vos inquiétudes. Ne vous laissez pas enfermer dans le rôle de gentils jeunes qui manifestent, mais surtout ne font pas de politique !

Car la politique, qu’on le veuille ou non, c’est aussi votre affaire. Et même sacrément !

Enfin, une dernière remarque.

J’ai interpellé une amie de Lola, oratrice ce jour, dont je ne connais pas le nom, qui prétendait être une citoyenne.

Non, mademoiselle ! Vous n’êtes pas une citoyenne au sens plein du terme si vous n’avez pas le droit de vote. Vous êtes une citoyenne en devenir, une citoyenne privée d’un droit fondamental qui concerne pourtant directement votre avenir.

Alors, manifestez et réclamez le droit de voter !

Puisqu’on vous trouve assez grands pour affronter les difficultés du monde, pour travailler, aller en prison, être émancipés, à partir de seize ans, assez mûrs pour descendre dans la rue, assez responsables pour vous inquiéter de votre avenir, pourquoi ne seriez-vous pas assez grands pour participer aux décisions qui le déterminent ?

 

La démocratie ne consiste pas à écouter les jeunes quand ils manifestent, puis à leur demander de retourner sagement en classe. Elle consiste à leur donner le pouvoir de peser sur leur avenir.

Réclamez-le. Exigez-le. Et ne demandez la permission à personne !

Les parents d’une des jeunes oratrices lui suggèrent de retourner en classe, parce qu’il faut passer le bac !

Oui, bien sûr ! Pour ensuite se retrouver confrontée à cette absurdité qu’est Parcoursup, tueur de passions, machine à fabriquer de l’angoisse, antichambre du MEDEF ! Et après, on s’étonnera que la jeunesse soit en colère !

Quant à ma dernière remarque : pourquoi s’en prendre à Macron ? On ne frappe pas un homme à terre ! On s’en prend, si nécessaire, à ceux qui sont encore debout et lui restent fidèles.

Macron, même s’il conserve un pouvoir de nuisance, est politiquement cuit. Ciblez Lecornu et son gouvernement, pas un moribond, qu’on veut oublier ! Ciblez la campagne présidentielle, mouillez vous.

D’Ginto Nick

 

L’enfance a des étonnements, la jeunesse des colères.

Laissons lui entrevoir l’horizon, sans œillères.